Mardi 14 décembre 2021
59 min

Archive ! Fiction : "Quand Balzac habitait Passy" (prod. Emmanuel Bondeville,1948)

Une fiction au rythme déconcertant, mêlant dialogues, conférence sur la vie culturelle sous Louis-Philippe, et propos éditorial agacé, produite par Emmanuel Bondeville, compositeur et grand administrateur français. Le rythme est déconcertant mais le propos est passionnant.

Archive ! Fiction : "Quand Balzac habitait Passy" (prod. Emmanuel Bondeville,1948)
Passy en 1743, Emmanuel Bondeville et Honoré de Balzac

Bienvenue dans les Trésors de France Musique ! 

Les plus fidèles de l’émission savent que l’équipe des Trésors et moi-même aimons explorer les extrêmes chronologiques des cartons de l’INA : les archives sont quelquefois récentes, voire très récentes, et puis d’autres fois nous avons droit à une leçon d’histoire avec au micro ceux qui ont vécu. 

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Nous sommes, avec cette archive, en 1948. Le producteur était le compositeur Emmanuel Bondeville (1898-1987) qui a consacré sur les antennes de la RTF cette année-là une série d’émissions à Honoré de Balzac. Cet épisode autonome est intitulé : “1841-1847, quand Balzac habitait Passy.” 

Ce n’est pas tant pour la leçon d’histoire sur la relation entre Balzac et Rossini que nous vous programmons cette archive, mais pour écouter Emmanuel Bondeville. Emmanuel Bondeville est né en 1898, dans le même siècle que ses personnages, une poignée de minutes après le décès de Stendhal, Rossini, Balzac, Mérimée et Baudelaire. Il fut compositeur, secrétaire perpétuel de l’Institut, directeur de l’opéra comique en 1949, directeur de la musique à l’Opéra de Paris en 1952, auteur d’un opéra sur Madame Bovary qui a rencontré un vif succès à l’Opéra Comique comme au Théâtre du Bolchoï. 

Le rythme de cette émission du 28 octobre 1948 peut paraître un peu déconcertant : il s’agit d’une sorte de conférence sur la vie culturelle du XIXe siècle, sous Louis-Philippe, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit d’un propos vécu, engagé, tour à tour agacé et poétique, et qui parle de Balzac et de Mérimée comme de véritables proches. D'une certaine façon, Emmanuel Bondeville est un des derniers héritiers à pouvoir parler à la radio d’une époque qu’il a quasiment vécue. Déconcertant, certes, mais ce document vaut le coup d’oreille. Et puis c’est surtout l’occasion de réviser son romantisme, avec des noms propres qui ont un peu disparu des médias depuis. Bonne écoute ! 

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