Jeudi 25 novembre 2021
59 min

Deux archives avec Betsy Jolas : 1953 et 1961, un entretien et une cantate radiophonique

Deux archives aujourd'hui : 1953 et 1961, un entretien et une cantate radiophonique. Dans cet entretien de 1953, Betsy Jolas, à l'âge de 27 ans... est déjà Betsy Jolas : sûre, compétente, fine et sensible.

Deux archives avec Betsy Jolas : 1953 et 1961, un entretien et une cantate radiophonique
Betsy Jolas (1926)

Bienvenue dans les Trésors de France Musique ! 

Première archive : 1953, "Paroles de France"

Nous sommes très fiers, toute l’équipe des Trésors et moi-même de vous présenter aujourd’hui une archive de 1953. L’émission s’appelait “Paroles de France” et était produite par Georges Charbonnier avec l’idée d’accorder un quart d’heure par personnalité du moment. 

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Le mercredi 21 janvier 1953, le quart d’heure était consacré à la compositrice franco-américaine Betsy Jolas, la même Betsy Jolas qui nous avait accordé des Grands Entretiens sur France Musique 64 ans plus tard en 2017, la même Betsy Jolas qui parcourt encore aujourd’hui le monde entier pour assister aux premières de ses nouvelles pièces. Et si aujourd’hui, lorsqu’elle donne des masterclass, nous pouvons remarquer de sa part un discours extrêmement clair, précis et efficace ; lors de cette émission, en 1953, à l’âge de 27 ans, elle possédait l’assurance d’une compositrice qui avait étudié à New York puis au conservatoire de Paris avec Darius Milhaud et Olivier Messiaen, qui avait rencontré Stravinsky, qui avait chanté sous la direction de Toscanini, qui avait vu Bartok jouer en personne et qui fréquentait les répétitions de Bruno Walter. Bonne écoute !

Seconde archive : 1961, "Soirée de Paris"

Nous faisons un rapide bond dans le temps, vers le 24 septembre 1961. Ce jour-là, les auditeurs de France III Nationale avaient pu entendre une cantate radiophonique de Betsy Jolas dans l’émission “Soirée de Paris”. La cantate, L’oeil égaré dans les plis de l’obéissance au vent, a été composée d’après des fragments poétiques inachevés de Victor Hugo. Le ton est à l’abstraction : on peut l’entendre dans cet extrait : “l’oiseau sinistre va de planète en planète, et son cri de nuit, chaque fois qu’il touche le bord d’une constellation, devient un chant de lumière.” 

André du Bouchet qui a réunit ces textes explique ainsi le principe : “Il s’agit d’un texte sur l’errance et sur l’égarement : ce qui désoriente le regard n’est que l’aveuglement d’un œil enténébré dans les plis des corps froissés par le vent. Le poème a cette puissance de faire voir ce qui n’est pas entendu et de faire entendre le silence des images qui se love dans les plis du visible.”

La musique de Betsy Jolas représente ainsi cet égarement, et les voix chorales se font l’écho du vent, les voix des choeurs de la RTF placés sous la direction d’André Girard. 

L'équipe de l'émission :