Mercredi 21 octobre 2020
59 min

Mémoire Retrouvée, Juliette Gréco : Une archive de 1999 (3ème partie)

"Un poème c’est une voix, mais si on lui offre la musique, on lui donne des ailes", confiait Juliette Gréco à Arièle Butaux dans le dernier volet de cet entretien, où l'icône de Saint Germain des Prés évoquait sans nostalgie, la longévité et la richesse de sa carrière de chanteuse …

Mémoire Retrouvée, Juliette Gréco : Une archive de 1999 (3ème partie)
Juliette Gréco sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris en 2007, © Getty / Micheline Pelletier/Corbis

"Je préfère la vie à la mémoire de la vie, je n’ai jamais rien compris aux gens qui sont nostalgiques, c’est pour manger tout de suite la vie ! La vie est un cadeau, il faut tout faire tout de suite !"

"La musique est un véhicule extraordinaire, sans la musique, il n’y aurait pas de chansons…Il faut donner à la poésie le véhicule de la musique pour qu’elle entre chez tout le monde. Un poème c’est une voix, mais si on lui offre la musique, on lui donne des ailes."

Programmation musicale

Guy Béart
Il n’y a plus d’après
Juliette Gréco, chant   

Etienne Roda-Gil / Julien Clerc
Et là, t’y crois
Juliette Gréco, chant   

Juliette Nourredine
Sur l’oreiller
Juliette, chant   

Jean-Claude Carrière / Gérard Jouannest
Erotique 1
Juliette Gréco, chant   

Charles Trenet
L’Ame des poètes
Juliette Gréco, chant   

Jacques Prévert / Joseph Kosma
Les feuilles mortes
Juliette Gréco, chant 

Complément de programme

33 T "Juliette Gréco à la Philharmonie de Paris" (Philips 1966)
33 T "Juliette Gréco à la Philharmonie de Paris" (Philips 1966), © Radio France

« …C’est miraculeux…je dois rêver…Comment moi qui hantais les caves de St Germain des Prés, puis-je chanter aujourd’hui à la place où, d’habitude, le grand Karajan dirige son orchestre !… »

Il y avait 18 minutes que 2500 personnes, debout, scandaient le nom de GRECO et applaudissaient. Dans les coulisses, Juliette, à la fois heureuse et incrédule, chuchotait de sa voix de fée : « …C’est miraculeux…je dois rêver…Comment moi qui hantais les caves de St Germain des Prés, puis-je chanter aujourd’hui à la place où, d’habitude, le grand Karajan dirige son orchestre !… »   Imaginez cette millionnaire de sensibilité qui se garde de l’impudeur : tache noire au milieu de l’immense Philharmonie. Un théâtre sans rideaux, sans rampe, conçu pour le spectacle en rond. Ce qui veut dire que durant les deux heures de son récital, elle tourna le dos à une bonne partie du public. D’un public qui ne comprenait pas la belle langue que le Sphynx chantait. Pourtant, à chaque inflexion de sa voix, à chaque nuance, l’assistance réagissait comme l’auraient fait les gens de chez nous. Et dans la salle, les rares français présents sentaient l’émotion sourdre en eux…C’est ce grand moment, né d’un récital hors-série, que ce disque restitue avec amour.

Louis Nucera
(Auteur de la préface du disque Juliette Gréco à la Philharmonie de Berlin (33 tours Philips, 1966)

Franck Gérald / Claude Bolling
Rue des chanteurs 

Georges Moustaki  
Madame 

Jacques Brel
Vieille 

Florence Véran/ Charles Aznavour  
Je hais les dimanches 

Hubert Giraud / Jean Dréjac  
Sous le ciel de Paris 

Jean Lenoir   
Parlez-moi d'amour 

Juliette Gréco, chant
Jacques Liebrard, guitare
Marcel Dutrieux, basse
Noël Morales, accordéon
Orchestre sous la direction de Louis Patterson 

Enregistré à la Philharmonie de Berlin en 1966
(33 T Philips 77 485)
 

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