Les Trésors de France Musique
Entretien
Jeudi 18 juin 2020
59 min

"Beethoven, l'âme singulière" : Vienne 1800, par Mildred Clary : Une archive de 1995 (9ème épisode)

En s’appuyant sur des documents, des témoignages et sur la correspondance de Beethoven, Mildred Clary nous raconte la vie de Ludwig van Beethoven dans un feuilleton de 26 épisodes. Bernard Fresson prête sa voix à Beethoven et Jean-Pierre Hané incarne les différents témoins de la vie du musicien.

"Beethoven, l'âme singulière" : Vienne 1800, par Mildred Clary : Une archive de 1995 (9ème épisode)
"Beethoven, l'âme singulière", par Mildred Clary , © Radio France / Guillaume Decalf

Je veux saisir le destin à la gorge, il ne viendra jamais complètement à bout de moi. Il serait si agréable de vivre un millier de vies…

Pour Beethoven, l’amitié de Karl Amenda et de Franz Gerhard Wegeler, ainsi que le dévouement de son élève Ferdinand Ries, lui permettent de s’épancher sur l’infortune de sa surdité et de ses problèmes de santé. Il essaie l’un après l’autre des remèdes, le plus souvent empiriques tels que les applications de vésicatoires sur les bras….Il passe d’un médecin à l’autre dans l’espoir qu’il mette fin à ses infirmités. En novembre 1801, Beethoven s’adresse à Wegeler, et au-delà de lui, à l’humanité toute entière : 

 «  Oh je prendrais le monde à bras le corps une fois débarrassé de mes maux, ma jeunesse, je le sens viens tout juste de commencer, n’ai-je pas été toujours un peu souffrant. Ma force physique s’accroît plus que jamais et il en est ainsi de mes facultés mentales. Tous les jours, je m’approche davantage du but que je sens mais ne peux décrire, c’est en cela seulement que ton Beethoven peut vivre, pas question de repos ! Je n’en connais pas d’autre que le sommeil et il m’est assez pénible de constater que je dois maintenant m’y livrer plus longtemps qu’autrefois. Si je pouvais être partiellement libéré du mal qui m’afflige, c’est alors que j’accourrais vers vous en homme en pleine maturité de corps et d’esprit et renouerais nos sentiments et notre amitié d’autrefois. Il faut que vous me considériez aussi heureux qu’il m’est donné de l’être ici-bas et non point malheureux, cela non !, je ne pourrais le supporter ! Je veux saisir le destin à la gorge, il ne viendra jamais complètement à bout de moi. Il serait si agréable de vivre un millier de vies… »

Rediffusion de l'émission du 27 février 2020

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