Entretien
Vendredi 14 septembre 2012
51 min

Luc Bondy metteur en scène de la pièce : Les beaux jours d’Aranjuez

Luc Bondy metteur en scène de la pièce : Les beaux jours d’Aranjuez
Luc Bondy metteur en scène de la pièce : Les beaux jours d’Aranjuez

© Ruth-Walz

Les beaux jours d'Aranjuez est traversé de tensions discrètes. Non seulement entre lecture et spectacle (comme toute œuvre théâtrale, Aranjuez naît de l'écart entre être lu et être vu) mais aussi entre les deux langues de son écriture. Ou entre les pays qui s'y donnent rendez-vous, de l'Espagne à l'Allemagne. Entre "l'homme" et "la femme" qui conduisent sous nos yeux leur échange dense et léger à la fois, simple et complexe, improvisé et secrètement préparé, tenant de l'interrogatoire, du poème, de la confession, de la parade séductrice ou guerrière - et parfois du théâtre, évidemment.
Source : Th. de l'Odéon

Invités

Luc Bondy

Né en 1948 à Zurich, il vit une partie de son enfance et de son adolescence à Paris. Il y fréquente l'école de pantomime de Jacques Lecoq avant de faire ses débuts au Théâtre Universitaire International avec une adaptation de Gombrowicz. En 1969, il est engagé comme assistant au Thalia Theater de Hambourg. Deux ans plus tard, il entame une carrière de metteur en scène qui l'amène à signer une soixantaine de spectacles à ce jour, d'abord à travers toute l'Allemagne (Wietkiewicz, Genet, Büchner, ...) puis dans le monde entier.
En 1984, il met en scène au Théâtre des Amandiers, que dirige Patrice Chéreau, Terre Etrangère d'Arthur Schnitzler et Le Conte d'Hiver de William Shakespeare, dans la nouvelle traduction de Bernard-Marie Koltès. Un an plus tard, il succède à Peter Stein à la direction de la Schaubühne de Berlin. Depuis, il a notamment monté Die Zeit und das Zimmer (Le Temps et la chambre) de Botho Strauß (Berlin 1989, Drei Mal Leben (Trois Versions de la vie) de Yasmina Reza (Vienne 2000), Cruel and Tender (Tendre et cruel) de Martin Crimp (Vienne et Londres 2004).
Au Young Vic de Londres, en 2010, Luc Bondy a mis en scène Sweet Nothings (Liebelei) d'Arthur Schnitzler (texte de David Harrower), puis créé en juin de la même année Helena (Hélène) d'Euripide (traduction de Peter Handke) au Burgtheater de Vienne.
A l'Opéra, citons Wozzeck (Hambourg 1976), Così fan tutte (Bruxelles 1986), Salomé (Salzbourg, Florence, Londres et Paris dès 1992), Don Carlos (Paris 1996), Tosca de Puccini au Metropolitan de New York (2009 ; reprise à Munich en juin 2010 puis à la Scala en 2012).
Au cinéma, il a réalisé trois films : Die Ortliebschen Frauen (1979) ; Terre étrangère, avec Michel Piccoli, Bulle Ogier, Alain Cuny (1988) ; Ne fais pas ça avec Nicole Garcia, Natacha Régnier et Dominique Reymond (2004).
Il a également écrit plusieurs livres, publiés chez Grasset ou Christian Bourgois. Dernier titre paru : A ma fenêtre (2009).
Luc Bondy, qui dirige les Wiener Festwochen depuis 2001, est directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe depuis mars 2012.

Les beaux jours d'Aranjuez

Marcel Quillévéré

Un homme et une femme sont là, assis dans les rumeurs de la nature toute proche. C'est comme s'il leur fallait d'abord garder le silence pour devenir pareils aux éléments d'un paysage. Mouvant et animé comme le vent, semé de cris venus de tous les points du ciel, ce silence est comme un pont en pointillés « d'un temps à l'autre » - ce temps si libre qui est l'une des clefs musicales de la pièce. Temps perdu ou retrouvé, temps qu'il fait s'entrelacent au temps historique (c'est à Aranjuez que Schiller situe l'intrigue de Don Carlos). Sous la surface légère des vacances se creuse la profondeur d'une trêve ou d'une fête solennelle : chronologie et météorologie, mémoire et sensation sont ici comme des pulsations qui lentement s'accordent pour battre ensemble un seul rythme fondamental, jusqu'aux dernières paroles avant l'obscurité : «O qui sait ce qui sommeille dans la profondeur du temp».

créé au Wiener Festwochen le 15 mai 2012.
à lire Les Beaux Jours d'Aranjuez de Peter Handke, version originale française de l'auteur, Le Bruit du temps, 2012.

en allemand, surtitré
scénographie Amina Handke
costumes Eva Desseker

Programmation musicale

GENERIQUE de L'EMISSION : Suite Panaméenne de Kurt Weil
utilisé comme thème de la célèbre chanson Youkali
Rosemary Hardy, soprano
Ensemble Modern
B K Gruber
Album :Berlin im Licht réf : LARGO 5114

James van Heusen
Like Someone in Love
Paul Bley, piano; Art Blakey, batterie; Charles Mingus, basse
CARRERE CARR 100012

Franz Schubert
Impromptu en Mi bémol mineur D 946 N° 1
Sviatoslav Richter, piano
BMC CD 171

Giuseppe Verdi
Don Carlo : Finale de l'Acte 4; « Mon fils reprenez votre épée »
José Van Dame, Roberto Alagna
Choeur du Théâtre du Châtelet; Orchestre de Paris
Antonio Pappano
EMI 5561522

Tchaikovsky
Pièces pour piano Op 72 : Valse à 5 temps, Passé lointain
Mikhail Pletnev, piano
DGG 000289 477 5378

Wagner
Tannhaüser : Le chant à l'étoiler de Wolfram
Pablo Casals, violoncelle; Nicolai Mednikoff, piano
Biddulph Records BIDU LAB 0917

Charles Mingus
Septemberly
Charles Mingus, contrebasse; M.Waldron, piano; E.Ibert, trombone; W.Jones, batte
DEBUT OJC20 045-2

Strauss
Marche de Radetzky
Orchestre Philharmonique de Vienne
Carlos Kleiber
CBS M2XK 45564

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