Entretien
Jeudi 23 mai 2013
52 min

Hommage à Henri Dutilleux

Hommage à Henri Dutilleux
Hommage à Henri Dutilleux

Invités

Henri Dutilleux

est né à Angers le 22 janvier 1916. Il est décédé à Paris le 22 mai 2013 à l'âge de 97 ans. Originaire du Nord de la France, il passe toute son enfance à Douai où ses parents se réinstallent en 1919. Il fait ses études au Conservatoire de Paris à partir de 1932 avec Henri Busser, Jean et Noël Gallon, Maurice Emmanuel et Philippe Gaubert.

En 1939, il est mobilisé.
En 1942, il est nommé chef de chant à l'Opéra de Paris.
De 1943 à 1963, il assume diverses fonctions à la radio, notamment la direction du service illustrations musicales à la RTF et à la direction des créations musicales à l'ORTF.
En 1961, il est nommé professeur à l'Ecole Normale de musique.
En 1970, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris, pour un an, préférant se dégager de ses obligations afin de se consacrer à la composition.

Ses premières œuvres seront créées pendant la guerre (Quatre mélodies pour chant et piano, en 1943, Gêole pour chant et orchestre, en 1944).
Nommé en 1945 Directeur du Service des illustrations musicales de la Radiodiffusion française (poste qu'il occupera jusqu'en 1963), il est en contact avec des musiciens de toutes les tendances, ce qui contribue énormément à enrichir sa propre expérience de compositeur : sa première symphonie est créée en 1951 par Roger Désormière et l'orchestre National, le ballet Le Loup en 1953 par la compagnie Roland Petit... La Deuxième Symphonie (1959), créée par Charles Münch à Boston, puis Les Métaboles (1965), une de ses œuvres les plus fréquemment jouées, enfin le Concerto pour violoncelle et orchestre, Tout un monde lointain, commandé par M. Rostropovitch, lui assurent un succès qui ne démérite pas.

Son quatuor à cordes "Ainsi la nuit" est bissé lors de sa première audition à Paris, fait exceptionnel pour une œuvre de musique contemporaine.
Les différents Prix et Récompenses reçues :

En 1938, il remporte le premier Grand Prix de Rome pour sa cantate l'Anneau du Roi.
En 1967, il reçoit le Grand Prix National de la musique
En 1985, la médaille de Vermeil de la Ville de Paris
En 1994, le Prix Praemium Impérial au Japon
En 1981, il est élu membre honoraire de l'American Academy and Institute of Arts and Letters, à New York
Depuis 1973, il est membre associé de l'Académie royal de Belgique
En 2005, lui est attribué le prix international Ernst von Siemens

Peu abondante, mais d'une exceptionnelle qualité, l'œuvre de Dutilleux a toujours fait l'unanimité. Refusant tout systématisme, son langage, très personnel, se caractérise par une grande souplesse rythmique et mélodique, qui s'appuie sur une instrumentation raffinée et subtile. Reflet d'une profonde vérité intérieure, elle allie poésie et imagination à une recherche d'écriture dense et complexe.

Henri Dutilleux avait eu le bonheur en janvier 2013 pour son 97e anniversaire d'assister à la publication de sa dernière œuvre, Correspondances, créée en concert en 2003 et enregistrée par l'orchestre philharmonique de Radio France sous la baguette du chef finlandais Esa-Pekka Salonen."C'est une joie infinie que vous m'offrez", avait soufflé le compositeur.

© Direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques du Ministère des Affaires Etrangères.
Dictionnaire biographique des musiciens, ed. R. Laffont

mars 1997 création de Tout un Monde Lointain

concerto pour violoncelle et orchestre de Henri Dutilleux,chorégraphié par Michel Kéléménis au Grand Théâtre de Genève.

Ballet du Grand Théâtre de Genève
17 danseurs

Michel Kéléménis dit de cet création :
"Choisir une musique, s'inspirer de son titre pour écrire une chorégraphie n'est pas habituel pour moi. Dans le cas présent, je dirai que pour un chorégraphe contemporain français, il ne faut pas moins 2 à 3 ans pour s'attacher la collaboration d'un orchestre symphonique, et que la commande conjointe de travailler avec un nombre important de danseurs et un tel outil musical est une proposition de grand bonheur.

J'aime la musique de Dutilleux pour son ouverture spatiale tout autant que pour son détail. Alors, rien n'est plus simple, puisqu'il n'existe aucun système derrière lequel s'abriter, qu'il faut inventer pour chaque instant l'équilibre qui permettra à la danse comme à la musique d'exister pleinement, indépendamment mais sans refus de l'autre, peut-être au service de l'autre. Ma danse, j'espère, aidera certains à découvrir cette musique, et je suis convaincu que celle-ci saura porter ma danse.
Sur le magnifique concerto pour violoncelle et orchestre Tout un monde lointain de Henri Dutilleux, j'appuie l'idée d'une quête d'un être vers un autre être, inconnu. Cette idée simple ne l'est pas pour moi autant qu'il paraît au 1er abord, car la narration ne m'intéresse pas beaucoup. En revanche, dans la recherche de l'autre, l'hypothèse d'une découverte et de son frémissement, le rapprochement puis enfin la rencontre, je trouve autant de prétextes à écrire les danses. Il fallait un nombre impair, ici 17 danseurs, de façon que sur l'un d'entre eux se cristallise la quête."

Découvrez la vidéo de Tout un Monde Lointain

Production Grand Théâtre de Genève
Tout un monde lointain (création 1997)
chorégraphie Michel Kelemenis

pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève

En 1997, le Ballet du Grand Théâtre de Genève est le premier à confier à Michel Kelemenis une création hors de sa propre compagnie.

Les 17 danseurs explorent le mystérieux concerto "Tout un monde lointain" auquel la pièce emprunte son titre.
Une femme cherche quelqu'un à travers une succession d'images denses. De partenaire en partenaire et en rapprochements, les miroitements aboutissent à un duo sensuel et passionné, dans le dos d'un jeune homme observant la figure d'une silhouette féminine étendue, au loin, inaccessible.
La création à Genève est marquée par la présence du compositeur Henri Dutilleux que l'on retrouve en scène au moment des saluts.
Musique Henri Dutilleux
Scénographie et costumes Christine Le Moigne
Lumières Manuel Bernard

Genevieve Joy - piano

Marcel Quillévéré

Genevieve Joy - piano joue
Allegro con moto, Lied, Choral et variations
d'Henri Dutilleux

Programmation musicale

GENERIQUE de L'EMISSION : Suite Panaméenne de Kurt Weil
utilisé comme thème de la célèbre chanson Youkali
Rosemary Hardy, soprano
Ensemble Modern
H.K. Gruber
Album : Berlin im Licht réf : LARGO 5114

Henri Dutilleux
Sonate pour hautbois et piano, Aria et Scherzo
Geneviève Joy et Robert Casier
INA

Henri Dutilleux
Ainsi la nuit
Quatuor Parreni

Henri Dutilleux
Mystère de l'instant pour 24 cordes
Collegium Musicum
Paul Sacher
MUSIFRANCE 2292-45626-2

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