Les lundis de la contemporaine
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Lundi 2 novembre 2015
2h 30mn

Portrait de la compositrice Unsuk Chin #2

Concert enregistré le 10 octobre à la Maison de la Radio dans le cadre du Festival d'Automne.

Portrait de la compositrice Unsuk Chin #2
Unsuk chin © Eric Richmond

► Après le concert : retrouvez notre invité : Fernando Fiszbein, le billet d'Arnaud Merlin et le reportage de Pierre Rigaudière dans leMagazine de la contemporaine.

► Portrait d'Unsuk Chin. A l’occasion de l’Année France-Corée, et en coproduction avec le Festival d’Automne à Paris, l’Orchestre Philharmonique de Radio France invitait Unsuk Chin et ses œuvres les 9 et 10 octobre dernier.

Cosmigimmicks : Le concert s’ouvrait avec ce que la compositrice Unsuk Chin désigne comme « une pantomime musicale ». La partition de Cosmigimmick s est liée à l’instrumentation particulière du Nieuw Ensemble d’Amsterdam, on y trouve un grand nombre d’instruments à cordes pincées, notamment. Le premier mouvement est intitulé Shadow Play, il se réfère au théâtre d’ombres, le deuxième s’appelle Quad, le titre vient de Samuel Beckett, et le dernier, intitulé Thall, ce qui signifie « masque » en coréen, est un hommage explicite à György Ligeti qui fut le professeur d’Unsuk Chin, la guitare y joue un rôle central, changeant d’expression comme le visage d’un mime comme Marcel Marceau.
Akrostichon-Wortspiel est constitué de sept petites pièces, inspirées par L’Histoire sans fin de Michael Ende et par Alice à travers le miroir de Lewis Carroll, à l’exception du premier mouvement, qui se réfère à des peintures d’artistes schizophrènes, et du dernier, qui parodie la musique coréenne traditionnelle de cour. Unsuk Chin s’explique : « Les textes choisis ont été retravaillés de plusieurs manières : parfois les consonnes et les voyelles sont reliées au hasard, parfois les mots sont lus à l’envers et ne gardent que leur sens symbolique. Chacune des sept pièces est construite autour d’une hauteur centrale, mais leur mode d’expression est totalement différent de l’une à l’autre : sept situations ou états émotionnels différents s’y expriment, qui vont du brillant au grotesque »Into... pour sheng et ensemble est création commandée au jeune compositeur coréen Jeongkyu Park par l’Orchestre Philharmonique de Séoul et le Festival d’Automne à Paris. Sa partition met aux prises un instrument traditionnel, le sheng, autrement dit l’orgue à bouche, avec un orchestre occidental, en prenant le parti du sheng : ici, l’orchestre est au service de l’instrument traditionnel, pour l’élargissement de son timbre

Gougalon est un cycle de scènes de théâtre de rue, pour ensemble. Il comporte six volets. Un prologue sous-titré « Levée spectaculaire du rideau" ; suivi du "Lamento du chanteur chauve" ; de "La Diseuse de bonne aventure qui grimace de toutes ses fausses dents" ; de l' "Episode entre les bouteilles et les bidons", d’une "Danse autour des cabanes" et enfin de "La Chasse à la tresse du charlatan". Le terme de gougalon vient du haut-allemand ancien, il signifie « faire un tour de passe-passe », ou « prédire l’avenir », et dans l’esprit de la compositrice il fait référence à une troupe de musiciens et d’acteurs amateurs qu’elle a vue dans son enfance dans les années 60 dans la banlieue de Séoul.

► Programme

Unsuk Chin
Cosmigimmicks - pantomime musicale pour ensemble (composition 2011-2012)
Nieuw Ensemble Amsterdam
Ed Spanjaard, direction

Unsuk Chin
Akrostichon-Wortspiel - sept scènes de conte de fées, pour soprano et ensemble (composition 1991)
Yeree Suh, soprano
Nieuw Ensemble Amsterdam
Ed Spanjaard, direction

Jeongkyu Park
INTO … pour sheng et ensemble (composition 2015)
Wu Wei : sheng (orgue à bouche)
Nieuw Ensemble Amsterdam
Ed Spanjaard, direction

Unsuk Chin
Gougalon, scènes de Théâtre de rue, pour ensemble (composition 2009-2011)
Nieuw Ensemble Amsterdam
Ed Spanjaard, direction

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