Les Grands Macabres
Programmation musicale
Jeudi 31 décembre 2020
3 min

Ricky Nelson, idole des jeunes (hélas)

Sa carrière juvénile a été une malédiction, une fois qu’il est entré dans l’âge adulte.

Ricky Nelson, idole des jeunes (hélas)
Le chanteur-acteur Ricky Nelson en séance de dédicaces pour ses fans dès son arrivée à l'aéroport. (1957), © Getty / Ralph Crane / The LIFE Picture Collection
  • Aujourd’hui, 31 décembre, je voudrais vous parler de Ricky Nelson, mort le 31 décembre 1985, à l’âge de quarante-cinq ans.

Pour beaucoup d’Américains, Ricky Nelson n’a d’abord pas été Ricky Nelson. Ses parents avaient une émission à la radio – une sorte de téléréalité sans l’image – dans laquelle ces deux artistes de variétés racontaient la vie de famille de deux artistes de variétés. Et on avait pris un enfant comédien qu’on appelait Ricky et qui disait tout ce que Ricky était censé dire. Au bout de deux ou trois ans, la voix de Ricky a changé parce que désormais c’était Ricky qui jouait Ricky – en vrai, à neuf ans.

Quand il a douze ans les Américains qui découvrent la télévision toute nouvelle, découvrent en même temps ce beau gamin un peu timide, pas très extraverti. Il faut dire que, les caméras éteintes, c’est un enfant asthmatique dont on sent très vite qu’il a une vie intérieure assez riche – mais très, très intérieure. 

À seize ans et demi, il fait une bêtise d’adolescent timide. Sa petite amie au lycée – au lycée à Hollywood, quand même – lui dit qu’elle adore Elvis Presley, et puis que Elvis Presley ceci, et puis que Elvis Presley cela. Il lui dit : « Elvis Presley ce n’est rien, tu vas voir quand je vais sortir mon disque, parce que j’ai un contrat pour faire un disque. – Un disque, oh mais c’est merveilleux, mon Ricky, j’ai tellement hâte qu’il sorte. » 

Il finit par dire à ses parents qu’il est bien embêté et qu’il faudrait lui faire enregistrer un disque. Papa Nelson et maman Nelson prennent leur téléphone et Ricky Nelson signe un contrat pour un 45 tours. C’est un énorme succès et aussitôt, on le compare à Elvis. Il ne sourit pas plus souvent qu’Elvis quand il chante, il danse vraiment bien mais sans remuer le bassin et puis, surtout, il n’a pas cet accent du Sud qui gêne quand même beaucoup d’Américains de plus de trente ans. Alors Ricky Nelson devient l’autre idole des jeunes. 

Nous écoutons : Teenage Idol, énorme tube de Ricky Nelson en 1962, qui sera très vite adapté en français pour Johnny Hallyday, et qui constitue un document sur la musique des sixties.

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