Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mercredi 14 avril 2021
3 min

Raoul de Godewarsvelde, fragile géant

Photographe de profession et chanteur par passion du partage, sa voix et son charisme ont fait de lui un personnage du carnaval de Lille.

Raoul de Godewarsvelde, fragile géant
Pochette du disque "Raoul, ses grands succès" de Raoul de Godewarsvelde
  • Aujourd’hui, 14 avril, je voudrais vous parler de Raoul de Godewarsvelde, mort le 14 avril 1977 à l’âge de quarante-neuf ans. 

Nous rêvons tous d’être Raoul de Godewarsvelde. Un colosse, une force, un géant. Au carnaval de Lille, d’ailleurs, il est devenu un géant et il défile depuis des années – un personnage de plusieurs mètres de haut, moustachu, barbu, casquettu, qui danse et tangue au-dessus de la foule.
Dans la vraie vie, il est à peine moins grand. Imaginez un Gérard Depardieu qui parle plus fort, qui rit avec plus d’élan, qui clame plus haut qu’il lui faut un verre, que les cons sont des cons et que l’amitié réchauffe. Parce qu’outre son physique de phénomène, sa barbe de prodige et sa casquette de marin, il a aussi une voix énorme – une basse des dessous de l’Opéra, mais avec une puissance de cathédrale et un curieux éraillement qu’il appelle lui-même une laryngite de comptoir.
Quand l’autre, là, Jacques Brel, décrit des gaillards avec « des dents / À croquer la fortune / À décroisser la lune / À bouffer des haubans », eh ben, c’est tout Raoul.
On l’appelle Raoul, c’est plus simple. Parce que Raoul de Godewarsvelde, même pour un Lillois à jeun, ce n’est pas facile à prononcer. Le plus drôle, c’est qu’il ne s’appelle ni Raoul, ni Godewarsvelde.

Nous écoutons :
Adieu pour un artiste, enregistré quelques années avant son suicide par Raoul de Godewarsvelde, avec son texte bouleversant écrit par Bernard Dimey, qui lui non plus n’a pas vécu jusqu’à la vieillesse. 

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