Les Grands Macabres
Programmation musicale
Lundi 21 décembre 2020
3 min

Peetie Wheatstraw, le gendre du Diable

Artiste typique de la migration du blues rural du Sud vers les grandes villes du Nord, il connait une mort encore plus romanesque que sa vie.

Peetie Wheatstraw, le gendre du Diable
Peetie Wheatstraw , © Getty / Michael Ochs Archives
  • Aujourd’hui, 21 décembre, je voudrais vous parler de Peetie Wheatstraw, mort le 21 décembre 1941, le jour de ses trente-neuf ans. 

Peetie Wheatstraw n’est pas un personnage de roman ; ou alors c’est lui qui a écrit le roman. Quand il arrive à East Saint Louis, à la frontière de l’Illinois et du Missouri, en 1929, il a vingt-six ou vingt-sept ans et quelques témoignages disent qu’il n’est pas un musicien très aguerri. Mais, quelques années plus tard, il fait entendre un jeu de piano très personnel – c’est d’ailleurs le premier bluesman à enregistrer en s’accompagnant lui-même au clavier. Pourtant, la seule photo que l’on ait de lui le montre à la guitare.
Ce qu’il a fait avant d’apprendre vraiment la musique dans ce centre urbain du Nord ? On ne sait pas. Il disait d’ailleurs qu’il venait du Tennessee alors qu’il était originaire de l’Arkansas. Et puis il s’appelle William Bunch, pas Peetie Wheastraw.
Peetie Wheastraw, c’est un nom presque trop beau pour être vrai – « paille de blé », cela fleure bon la campagne, là-bas au Sud. Et puis son histoire d’être le gendre du Diable – « Devil’s son in law » – ça ressemble à une légende un peu vaudou des campagnes du Sud où se sont éparpillés les petits métayers noirs après l’abolition de l’esclavage.
Et, d’ailleurs, Peetie Wheastraw joue à la ville un blues vraiment rural, rustique, brut. Il chante des histoires d’alcool, de travail, d’ennui, de bagarres, de mauvaises filles – la vie du petit peuple noir des villes qui aime se croire encore régi par les forces qui sont à l’œuvre à la campagne.

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Nous écoutons :
Me No Lika You, un des blues abrasifs que Peetie Wheatstraw aime enregistrer. Il s’accompagne au piano et le guitariste n’est rien moins que Lonnie Johnson pour cet enregistrement de 1938

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