Les Grands Macabres
Programmation musicale
Vendredi 13 novembre 2020
3 min

Ol’ Dirty Bastard, le drôle de gars du Wu Tang

Fondateur d’un groupe majeur du rap des années 90 avec ses deux cousins RZA et GZA, ce Newyorkais est un personnage un peu borderline mais très doué.

Ol’ Dirty Bastard, le drôle de gars du Wu Tang
Les membres du Wu-Tang Clan, groupe de rap américain : de gauche à droite, U-God, Method Man, Raekwon, GZA, Ghostface Killah, Masta Killa, RZA, Ol' Dirty Bastard vers 1997 à New York, © Bob Berg
  • Aujourd’hui, 13 novembre, je voudrais vous parler d’Ol’ Dirty Bastard, mort le 20 novembre 2004 à l’âge de trente-cinq ans. 

Une fois dans sa vie, Ol’ Dirty Bastard ne s’est pas fait remarquer. Un jour, à Brooklyn, il voit par la fenêtre du studio qu’une Ford Mustang vient de renverser une petite fille. Il fonce avec un pote, hurle aux passants qu’on vienne l’aider et il dirige la manœuvre : allez les gars, on soulève la bagnole et on sort la gosse.
Elle a quatre ans, on l’amène à l’hôpital avec beaucoup de brûlures et il va la voir plusieurs fois avec des cadeaux, des sourires et un faux nom. Mais finalement, la famille de la petite fille – elle a quatre ans – le reconnaît, prévient les médias et le bon samaritain prend la tangente et retourne à sa vie habituelle. 

Et sa vie habituelle n’est pas tout à fait ordinaire ; déjà, du point de vue du casier judiciaire, l’existence de Russel Tyrone Jones – c’est son vrai nom – est assez dense : plusieurs agressions, un vol de baskets dans un magasin, un séjour en prison pour non-paiement de pension alimentaire, des violences conjugales, un nombre impressionnant de procédures pour possession de marijuana, de cocaïne ou de crack… Mais il est aussi blessé par balle lors d’une discussion avec un autre rappeur, une autre fois lorsqu’il est victime d’une tentative de cambriolage, il échappe à la mort lorsque des policiers lui tirent huit fois dessus après avoir pris son téléphone portable pour une arme… 

Le plus grave, c’est son départ impromptu d’un centre de désintoxication où il a été placé par la justice, ce qui entraîne une cavale avec la police fédérale aux trousses, puis un séjour de plus de trois ans en prison. Il a été pincé parce qu’à la sortie d’un McDonald, il s’est attardé à signer des autographes.
Parce qu’Ol’ Dirty Bastard est une star, et même une référence. 

Nous écoutons :
Shimmy Shimmy Ya par Ol’ Dirty Bastard, un de ses titres les plus célèbres, tiré de son album Return of the 36 Chambers : The Dirty Version, en 1995. 

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