Les Grands Macabres
Programmation musicale
Vendredi 23 avril 2021
3 min

Marion Harris, gentil oiseau du jazz

Elle fut la première Blanche à avoir du succès en chantant des blues dans l’Amérique des années 1920.

Marion Harris, gentil oiseau du jazz
La star de Broadway Marion Harris, le 21 avril 1932, pour un concert au Cafe de Paris à Londres et pour sa participation à la revue 'The Jack Pot' au Prince of Wales Theatre , © Getty / Sasha/Hulton Archive
  • Aujourd’hui, 23 avril, je voudrais vous parler de Marion Harris, morte le 23 avril 1944 à l’âge de quarante-huit ans.

Dans les années 20, on aime bien les vedettes féminines au regard inquiet et triste. Sur les photos, Marion Harris a de beaux yeux un peu douloureux sous ses chapeaux cloche posés sur ses cheveux courts. Elle sourit pourtant largement, la tête nue, dans une robe dont les épaisseurs de tulle laissent voir ses chevilles presque jusqu’aux genoux, dans un film de huit minutes tourné en 1928, qui présente « The song bird of jazz » – l’oiseau chanteur du jazz, un de ses surnoms publicitaires.
Aujourd’hui, cela a l’air un peu ridicule mais elle incarne pour son époque le cross over d’une musique dite noire vers les classes moyennes blanches qu’inquiètent toutes les manifestations culturelles venues de bien plus bas sur l’échelle sociale. Alors ses jolis aigus de salon et ses petites révérences devant la caméra, c’est un excellent contrepoids à ses notes graves, à son vibrato qui frôle l’éraillement… Eh oui, elle est quand même la première chanteuse blanche à faire des succès commerciaux avec du blues.  

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Nous écoutons :
I Ain’t Got Nobody, enregistré par Marion Harris en 1923, dans un style singulier, à la fois très blues et compatible avec les radios écoutées par la middle-class blanche des Etats-Unis. 

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