Les Grands Macabres
Programmation musicale
Vendredi 1 janvier 2021
6 min

Lhasa, heureuse en trois langues

Mexicaine, américaine, francophone, cette enfant d’une bohème polyglotte a apporté à la chanson, au tournant du XXIe siècle, une grâce magique.

Lhasa, heureuse en trois langues
Lhasa au festival Voix De Fêtes à Genève (Suisse) le 6 mars 2004, © Getty / Lionel Flusin
  • Aujourd’hui, 1er janvier, je voudrais vous parler de Lhasa, morte le 1er janvier 2010 à l’âge de trente-sept ans. 

Il y a des artistes qui chantent comme si leur vie en dépendait.
C’est une expression qu’on emploie souvent pour expliquer que quelqu’un crie dans le micro, ou transpire beaucoup, ou ferme les yeux très fort en chantant. 

Mais chez Lhasa de Sela, il y avait de toute évidence quelque chose d’absolument vital dans ses chansons. Quelque chose qui tient de la profondeur autant que de l’altitude – une manière d’explorer tout à la fois les tréfonds et les sommets, d’être tout ensemble tsigane et poétesse, chanteuse de danses et jongleuse de blues. 

Peu d’artistes n’ont donné autant qu’elle l’impression de voir un funambule en même temps qu’on entend un philosophe, ni l’impression d’être perdu quelque part dans le temps et l’espace – est-ce une minuscule taverne du désert ou une immense arène, le temps des tribus nomades ou le très moderne aujourd’hui… 

Nous écoutons : La Marée haute, une chanson en français de Lhasa, extraite de son dernier album, The Living Road, en 2003. 

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