Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mercredi 24 mars 2021
3 min

Robert Dauber, un jeune homme à Theresienstadt

Fils d’un chef d’orchestre réputé, le violoncelliste a composé dans l’enfer concentrationnaire avant de disparaître à quelques semaines de la fin de la guerre.

Robert Dauber, un jeune homme à Theresienstadt
'Coffee House' dessin de Bedrich Fritta au musée juif de Berlin (4 mai 2013). B.Fritta dessine secrètement les souffrances endurées au camp de concentration de Theresienstadt, avant d'être déporté à Auschwitz en 1944, où il meurt peu après, © Getty / Paul Zinken/picture alliance
  • Aujourd’hui, 24 mars, je voudrais vous parler de Robert Dauber, mort le 24 mars 1945 à l’âge de vingt-deux ans. 

On oublie un peu Dol Dauber, qui s’est éteint en 1950 à Prague. On ne se souvient plus qu’il eut énormément de succès en étant un symbole d’une musique d’entre deux temps, d’entre deux mondes. L’Orchestre de salon Dol Dauber jouait des compositeurs d’Europe centrale, du jazz, des transcriptions d’opéras, une musique volontiers hollywoodienne, spectaculaire, romantique, remuante, cosmopolite. Dol Dauber était un de ces musiciens nés dans l’immense mosaïque de l’empire austro-hongrois, polyglotte et voyageur. En l’an 1900, à quatre ans, il commence le violon dans sa Bukovine natale – c’est aujourd’hui en Ukraine. Au temps de la Première Guerre mondiale, c’est un jeune musicien admiré par Giacomo Puccini et par Franz Lehar. Dans les Années Folles, c’est lui qui dirige la première de Rhapsody in Blue de George Gershwin à Vienne. L’ancien enfant-prodige du violon classique introduit un banjo dans un orchestre de chambre, compose pour le cinéma, mélange avec jubilation musique savante et musique populaire. En 1939, il refuse de partir aux États-Unis et il reste à Prague avec sa femme et son fils. 

Nous écoutons :  
La Sérénade pour violon et piano de Robert Dauber, interprétée en 2017 par la violoniste Daniela Grygarova et la pianiste Amaliya Abdurashidova. 

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