Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mardi 15 septembre 2020
3 min

Sayed Darwich, à tout jamais voix de l’Égypte

Compositeur de chansons et d’opérette, il a aussi donné à son pays un futur hymne national. Mais la peste rodait à Alexandrie…

Sayed Darwich, à tout jamais voix de l’Égypte
Timbre postal à l'effigie de Sayed Darwich
  • Aujourd’hui, 15 septembre, je voudrais vous parler de Sayed Darwich, mort le 15 septembre 1923 à l’âge de trente et un ans. 

Sayed Darwich n’a pas le charisme qui convient pour le public des cafés du Caire. Et c’est presque par dépit qu’il commence à écrire des opérettes. Cette forme est apparue en Égypte à la fin du XIXe siècle, et il la porte à une sorte de perfection en synthétisant la sophistication de la musique semi-classique arabe, la simplicité des thèmes folkloriques égyptiens et l’ampleur de l’orchestre occidental. 

Aux alentours de la Première Guerre mondiale, Sayed Darwich devient une référence. Il fournit en ouvrages nouveaux les compagnies concurrentes de théâtre musical égyptiennes. À sa mort, il laissera 26 opérettes et un personnage qui lui a apporté la gloire comme interprète : Kish Kish Bey, riche provincial borné et vulgaire qui vient dilapider son argent auprès des cocotes du Caire. 

Sayed Darwich compose aussi plus de 250 chansons, dont Salma ya Salâma, qui sera même enregistré par Dalida, bien plus tard. Il écrit aussi une vingtaine de mouachah, poésies lyriques qui reprennent la forme canonique du Moyen-âge andalou. 

Nous écoutons :
On n’a pas choisi l’hymne national égyptien mais Ana Hawet Na W’Entahet, une autre composition de Sayed Darwich dont on dit que c’est la chanson la plus triste de la culture arabe égyptienne – une déploration d’amour malheureux enregistrée vers 1920, dans les dernières années de sa courte vie.