Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mardi 8 septembre 2020
3 min

Oscar Pettiford, de la contrebasse au violoncelle

Ce pionnier historique du bebop a introduit un nouvel – et vénérable – instrument dans le jazz, avant de s’installer en Europe.

Oscar Pettiford, de la contrebasse au violoncelle
Oscar Pettiford en 1960 , © Getty / Michael Ochs Archives/Getty Images
  • Aujourd’hui, 8 septembre, je voudrais vous parler d’Oscar Pettiford, mort le 8 septembre 1960 à l’âge de trente-sept ans. 

Ils n’étaient pas nombreux, au Minton’s Playhouse à New York, lors de ces jam sessions au cours desquelles s’invente un nouveau langage jazz, le bebop. Il y a là Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Charlie Christian, Charlie Parker, Kenny Clarke et un contrebassiste du nom d’Oscar Pettiford. Un Noir ? Pour l’Amérique du début des années 40, évidemment, c’est un Noir. 

Mais en fait sa mère vient du peuple choctaw et son père est métis de cherokee et d’afro-américain. Il est né dans une réserve indienne de l’Oklahoma, où ses parents arrondissent les fins de mois avec un orchestre de danse familial, dans lequel Oscar Pettiford a chanté tout gosse avant se mettre à la contrebasse. 

Il a à peine vingt ans au Minton’s Playhouse, vingt et un ans quand, en 1943, il est éblouissant dans la version de The Man I Love gravée par Coleman Hawkins, vingt-trois ans quand il crée avec Dizzy Gillespie la première formation strictement bebop de l’histoire du jazz.  

Nous écoutons :
Low and Behold, un thème composé par Oscar Pettiford, sur lequel on l’entend au violoncelle. On le trouve sur l’album The New Oscar Pettiford Sextet en 1953, avec notamment Charlie Mingus à la contrebasse, Walter Bishop au piano et Phil Urso au saxophone ténor.