Les Grands Macabres
Programmation musicale
Jeudi 10 septembre 2020
3 min

Peter Anders, le ténor aimé des nazis

Avec sa voix éternellement jeune et souriante, il faisait partie de la liste des artistes « bénis des dieux » établie en 1943. Mais cela n’empêcha pas sa carrière de s’internationaliser après-guerre… jusqu’à un accident de voiture.

Peter Anders, le ténor aimé des nazis
Pochette du disque de Peter Anders, Dramatische tenor-Arien
  • Aujourd’hui, 10 septembre, je voudrais vous parler de Peter Anders, mort le 10 septembre 1954 à l’âge de quarante-six ans. 

On ne va pas résumer Peter Anders en disant qu’il était le ténor préféré du régime nazi. C’est très exagéré. 

Mais le fait d’avoir fait partie de la liste très officielle « liste de ceux qui sont bénis des dieux » – environ mille artistes dont on dit qu’ils ont été choisis par Hitler et Goebbels en personne – lui a permis d’échapper au service armé alors que tous les hommes étaient mobilisés. 

Et, après la guerre, on en a voulu à Peter Anders. 

Comme on pu lui en vouloir d’avoir été la voix légère, souriante, éternellement jeune que l’on entend dans des programmes de lieder ou les récitals d’airs d’opéra radieux sur les antennes de la radio allemande – des sélections d’œuvres heureuses pour accompagner la course victorieuse de la Wehrmacht à travers l’Europe et l’Afrique du Nord, puis pour soutenir le moral du Reich quand le vent tourne et jusqu’à l’écrasement final du Reich…

Nous écoutons :
La réputation de ténor toujours jeune de Peter Anders illustrée en janvier 1952 par Gern hab' ich die Frau'n geküsst, air du rôle-titre de l’opérette Paganini de Franz Léhar.