Les Grands Macabres
Programmation musicale
Jeudi 22 octobre 2020
3 min

Jules Godart, les dollars et l’empoisonneuse

Alors qu’il se préparait à partir aux États-Unis, ce ténor belge adulé à l’Opéra de Paris est mort dans des conditions romanesques mais atroces.

Jules Godart, les dollars et l’empoisonneuse
Le ténor Jules Godart (1877-1909) dans le rôle de Lohengrin en 1909., © Boyer & Bert, Paris

Aujourd’hui, 22 octobre, je voudrais vous parler de Jules Godart, mort le 22 octobre 1909 à l’âge de trente et un ans. 

Jules Godart vient se signer un contrat pour cinq saisons de cinq mois au Metropolitan Opera de New York pour un million de francs – une somme énorme pour 1909, l’équivalent de quarante millions d’euros d’aujourd’hui. Cela justifie un de ses surnoms, le Doré. 

On l’appelle aussi le Grand Blond, et cela correspond bien à sa morphologie de Wallon bien bâti. On mesure aussi le chemin parcouru depuis son enfance quand, pour gagner quelques sous, il graissait les roues des wagonnets aux charbonnages de Quaregnon, dans le Hainaut. 

On le destinait assez naturellement à une vie prolétaire dans la Belgique du charbon et de l’acier mais il est repéré alors qu’il chante dans une chorale. Il passe par le conservatoire de Mons et, grâce à un généreux donateur, par le conservatoire de Bruxelles. 

À l’époque, les chanteurs lyriques sont attachés à une maison d’opéra et il passe par plusieurs villes avant d’atteindre l’Opéra de Paris en juin 1908. Il enchaine Samson et Dalila, Lohengrin, Le Crépuscule des dieux, La Walkyrie et Faust. Gros succès. Les critiques trouvent que la justesse fait parfois défaut à ce ténor héroïque mais lui reconnaissent une présence et une puissance exceptionnelles.

Nous écoutons :
L’air Plus d’hiver dans La Walkyrie de Richard Wagner en français, enregistré par Jules Godart quelques mois avant son assassinat en 1908.

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