Les Grands Macabres
Programmation musicale
Lundi 1 février 2021
3 min

Jorge Cafrune, le dernier des gauchos

« El Turco » voulait être la voix des paysans argentins, guitare à la main et voix libre. Mais la dictature militaire s’est installée…

Jorge Cafrune, le dernier des gauchos
Le guitariste et chanteur argentin Jorge Cafrune
  • Aujourd’hui, 1er février, je voudrais vous parler de Jorge Cafrune, mort le 1er février 1978 à l’âge de quarante ans. 

Un peu comme Pete Seeger un peu plus tôt aux États-Unis ou Malicorne au même moment en France, Jorge Cafrune veut rendre aux Argentins la musique d’Argentine. Il mélange alors de vénérables chansons de vénérables gens du peuple, nées dans de vénérables villages de la vénérable réalité de son vénérable pays, et des chansons qu'il écrit chez lui, en ville, sous sa lampe à néon.
Dans les pays du Nord, l'enjeu est principalement esthétique mais, en Argentine, il se mêle à tout cela des questions plus profondes – l'identité culturelle nationale, l'indépendance par rapport aux modèles occidentaux, la vérité de l'argentinité de l'Argentine. En gros, on peut dire que Cafrune est un peu péroniste.
Un péronisme discret, un péronisme diffus, un péronisme presque subliminal, du même genre que celui qui fait du tango une fierté nationale. Son idéal, sa passion, c'est le gaucho. Il se sent de la nation de ces cowboys latins qui galopent dans la pampa et, le soir, sortent la guitare et chantent des mélancolies mâles et romanesques. Pourtant, il n’est pas lui-même un gaucho : ses parents sont syro-libanais – c'est pour cela qu'on va le surnommer El Turco.

Nous écoutons :
Zamba de mi esperanza, la chanson de Jorge Cafrune que les militaires au pouvoir ont interdite et qu’il chante pourtant sur scène, peu avant sa mort, sans doute ourdie par un organisme secret de repression. 

L'équipe de l'émission :