Les Grands Macabres
Programmation musicale
Jeudi 21 janvier 2021
3 min

Guillaume Lekeu, un Belge en France

Élève de César Frank puis de Vincent d’Indy à Paris, proche des XX à Bruxelles, il aura une triste malchance dans un restaurant.

Guillaume Lekeu, un Belge en France
Le compositeur Guillaume Lekeu par le photographe Clément Ortmans, © BnF-Gallica
  • Aujourd’hui, 21 janvier, je voudrais vous parler de Guillaume Lekeu, mort le 21 janvier 1894 à l’âge de vingt-quatre ans. 

César Franck n’est pas mort très vieux. Il s’éteint en 1890 à soixante-sept ans, des suites d’un accident de la circulation – vous vous en souvenez, son fiacre avait été heurté par un omnibus à cheval. Un de ses élèves, comme lui né en Belgique, en est profondément affecté. Il compose alors un Adagio pour quatuor d’orchestre, œuvre infiniment mélancolique qui annonce le langage de La Nuit transfigurée de Schönberg, qui viendra quelques années plus tard.
Comme il est un des jeunes compositeurs les plus prometteurs de la musique en France, Guillaume Lekeu reçoit dès lors l’enseignement de Vincent d’Indy, lui aussi impressionné par ses dons.
Il est vrai qu’il a cette belle capacité à poursuivre l’élan de ses maître, de César Franck, de Richard Wagner, de Beethoven, évidemment. Une manière de faire luire le sentiment, de faire éclater la sensation. Aujourd’hui, nous appelons cela le postromantisme – une musique qui se penche volontiers sur le tombeau mais qui ne peut pas s’empêcher de garder au fond d’elle-même une part de soleil et d’optimisme. Il est vrai que les compositeurs ne se nourrissent plus de pain sec mouillé de mauvais vin dans des soupentes aux carreaux crevés en attendant que la phtisie les emporte.
Il y a des concours, des bourses, des aides, des éditeurs, des droits d’auteur, tout ce qui fait qu’un jeune compositeur de vingt-quatre ans peut vivre de son art, avoir un carnet de commandes, et même aller au restaurant, et après un bon repas, prendre un sorbet – un sorbet infecté par la salmonela enterica, attraper ainsi la fièvre typhoïde et en mourir. 

Nous écoutons :
Le 3e mouvement « très animé » de la Sonate en sol majeur pour violon et piano composée par Guillaume Lekeu en 1893 pour Eugène Ysaÿe, enregistrée en 1938 par Yehudi Menuhin au violon et Hephzibah Menuhhin au piano.

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