Les Grands Macabres
Programmation musicale
Lundi 12 octobre 2020
3 min

Gene Vincent, la première ruine du rock’n’roll

L’auteur-compositeur de Be Bop A Lula a inauguré une pente fatale aux artistes d’un idiome musical tout neuf – insuccès, alcool, dépression…

Gene Vincent, la première ruine du rock’n’roll
Photo de Gene Vincent vers 1970, © Getty / Michael Ochs Archives
  • Aujourd’hui, 12 octobre, je voudrais vous parler de Gene Vincent, mort le 12 octobre 1971 à l’âge de trente-six ans. 

Vincent Eugene Craddock a vingt ans quand une voiture grille un feu rouge et fauche sa moto. Il refuse l’amputation mais on le prévient qu’il boitera à vie. Que faire de lui ? Il écrit ses premières chansons pendant sa convalescence. Gene Vincent sort son premier 45 tours un an plus tard, en 1956. Woman Love n’intéresse pas les radios mais la face B, Be-Bop-A-Lula, est un succès historique. En l’entendant à la radio pour la première fois, les musiciens d’Elvis Presley sont furieux : ils croient que le King a enregistré une chanson sans eux.  

Gloire énorme dans une Amérique ivre de rock’n’roll. Premier mariage, premier divorce puis premier revers de fortune quand la mode change. Gene Vincent migre en Grande-Bretagne en décembre 1959. On s’étonne qu’il ait l’air si normal. On lui suggère d’abandonner la veste et la cravate. Ce sera désormais le blouson de cuir noir et le médaillon au cou. Son ami Eddie Cochran le rejoint pour une tournée commune. 

Le 16 avril 1960, peu avant minuit, leur taxi heurte un réverbère. Cochran est éjecté. Il meurt le lendemain matin. Gene Vincent a plusieurs fractures et sa jambe handicapée est de nouveau blessée. Il portera pour toujours un gant noir à la main droite en souvenir de son ami.  

Nous écoutons :
Évidemment, Be Bop A Lula de Gene Vincent mais dans une version rare : le ré-enregistrement de son tube immortel en 1960 en Grande-Bretagne dans un studio de la BBC, lors de tournée avec Eddie Cochran qui s’est si tragiquement terminée

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