Les Grands Macabres
Programmation musicale
Jeudi 7 janvier 2021
3 min

Elisabeth von Herzogenberg, épouse, muse et noble

Elle inspire Brahms, elle s’efface derrière son mari compositeur, sa naissance lui interdit de mener une carrière de concertiste : elle incarne tout ce qui efface les femmes de la mémoire de la musique.

Elisabeth von Herzogenberg, épouse, muse et noble
Elisabeth von Herzogenberg et son mari Heinrich von Herzogenberg

Aujourd’hui, 7 janvier, je voudrais vous parler d’Elisabeth Herzogenberg, morte le 7 janvier 1892 à l’âge de quarante-quatre ans. 

Quand on essaie de comprendre pourquoi les compositrices sont si massivement reléguées aux marges de l’histoire de la musique, les spécialistes contemporains disent qu’il y a deux raisons principales : les femmes dans la musique sont assignées à des rôles d’épouse ou de muse et, de toute manière, il leur est déniée la possibilité d’apparaître librement dans l’espace public. 

Elisabeth von Herzogenberg coche toutes les cases. Elle est l’épouse d’un compositeur, Heinrich von Herzogenberg, la muse de Johannes Brahms et il n’est pas convenable pour une femme de la noblesse allemande, de se produire en public – et c’est pour cela qu’elle ne donnera jamais vraiment de concert, à part au salon, pour quelques amis qui constateront que ses talents de pianiste sont immenses. De même, il faut rendre grâce à son mari d’avoir fait éditer, après sa mort, ses 8 Pièces pour piano, seules rescapées de son œuvre de compositrice. 

Nous écoutons : L’Andante, sixième des Huit pièces pour piano d’Elisabeth von Herzogenberg, publiées à titre posthume, ici interprété par Daniela Willimek. 

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