Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mercredi 20 janvier 2021
3 min

Édith Lefel, la fée du zouk

Elle donne à la musique antillaise des couleurs à la fois poétiques et soyeuses, avec un charme grave et radieux.

Édith Lefel, la fée du zouk
Couverture du disque "si seulement..." de la chanteuse Edith Lefel
  • Aujourd’hui, 20 janvier, je voudrais vous parler d’Édith Lefel, morte le 20 janvier 2003 à l’âge de quarante ans. 

Ce jour-là, la plus grande église des Antilles françaises était Saint-Sulpice, au cœur de ce quartier de la Rive Gauche que l’on appelait jadis la Terre Sainte – ou Saint-Germain-des-Prés, si l’on était touriste. Donc, cet après-midi-là, on pleure au cœur de Paris une femme aimée de ce peuple éparpillé sur plusieurs îles et plusieurs âmes – les Antillais.
Ou, devrais-je dire, les Antillo-guyanais, puisqu’Édith Lefel est née à Cayenne de mère guyanaise. Son père est martiniquais et c’est dans son île qu’elle va passer une grande partie de son enfance. Puis elle arrive dans l’île antillaise d’Europe, l’Île-de-France.
En Martinique, elle avait commencé à chanter dans les fêtes communales avec le groupe de bal de son frère aîné. Ce sont les années triomphales des Shleu Shleu, du Skah Shah, des Frères Déjean, de Tabou Combo – les stars du kompa haïtien. Et entre deux reprises de kompa, la jeune fille chante aussi un peu d’Édith Piaf.
Ici, en France, elle continue. Tout se déclenche vraiment quand elle est engagée pour une tournée en Martinique en 1984 – elle a vingt et un ans. Là-bas, l’ascension est simple. On remarque cette voix puissante et toute simple, bien adaptée au nouveau rythme que le génie de Kassav' fait déferler depuis quelques années, le zouk. 

Nous écoutons : Mèci, succès emblématique du zouk d’Édith Lefel, qui donne son titre à son album paru en 2003 – une chanson qu’elle a écrite avec son compagnon à la ville comme dans son métier, Ronald Rubinel. 

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