Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mardi 10 novembre 2020
3 min

Dominique Gaumont, de la Guyane à Carnegie Hall

Fils d’un député gaulliste, ce guitariste est entré dans le groupe de Miles Davis et incarne une époque singulière du jazz rock français.

Dominique Gaumont, de la Guyane à Carnegie Hall
Pochette de l'album Energy de Dominique Gaumont
  • Aujourd’hui, 10 novembre, je voudrais vous parler de Dominique Gaumont, mort le 10 novembre 1983 à l’âge de trente ans. 

Les députés ont parfois de drôles d’enfants. Édouard Gaumont est l’élu de la Guyane française de 1951 à la fin de la IVe République, en 1958. Natif de Cayenne, résistant pendant la guerre, élu gaulliste, il a neuf enfants. Eddie sera batteur, Georges saxophoniste, Joëlle pianiste… Né en 1953, Dominique est lui aussi installé au piano. Mais il est de la génération qui regimbe. Il refuse l’église, l’école, le conservatoire. En 1968, il a quinze ans. Pension en Normandie, ennui majuscule et, soudain, Axis : Bold As Love, deuxième album de The Jimi Experience. 

Jusque là, Dominique Gaumont déteste la musique. Il se convertit aussitôt à Hendrix, à la guitare électrique, à la rébellion contre les ordres de son père. Il sera musicien. 

Le chemin est compliqué, chaotique, même si l’époque est favorable aux autodidactes qui veulent réinventer la spontanéité. Il ne passe que cinq jours au service militaire, il monte des groupes plus ou moins éphémères, il rencontre The Black Artist Group of Saint Louis, installé à Paris, et il jamme avec eux. Il est aussi junkie, abandonnant régulièrement la guitare pour ne plus se consacrer qu’à la seringue pendant quelques mois.   

Nous écoutons :
Dominique, un extrait de l’unique album posthume de Dominique Gaumont, Energy, paru en 2004. 

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