Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mardi 9 mars 2021
3 min

Daniel Varsano, au mépris des frontières

Considéré comme un des pianistes les plus doués de sa génération, il aime ne pas être là où l’on l’attend. Ainsi, il fait découvrir Erik Satie à beaucoup de jeunes Français.

Daniel Varsano, au mépris des frontières
Le pianiste Daniel Varsano et le chef d'orchestre Andrew Davis à Londres en 1983, © Getty / Jeremy Fletcher/Redferns
  • Aujourd’hui, 9 mars, je voudrais vous parler de Daniel Varsano, mort le 9 mars 1988 à l’âge de trente-quatre ans. 

Daniel Varsano a beaucoup déjoué d’attentes. Peut-être est-ce un goût, ou est-ce son étoile : il se trouve souvent là où ne l’imaginait pas, avançant tout droit, mais sur une ligne brisée.
Il est né à Casablanca, en 1953, dans une famille bénie par le dieu des affaires. Son père sera bientôt l’empereur du négoce international du sucre mais, pour l’instant, il règne sur l’épicerie au Maroc. Une destinée folle pour un Juif de Turquie né à Paris qui sera pendant la guerre un proche du maréchal de Lattre de Tassigny. L’indépendance du Maroc amène la famille à Paris et le jeune Daniel commence un cursus pianistique assez conventionnel, notamment à l’académie Marguerite-Long.
Mais chez les Varsano, on néglige les frontières. Il part à Los Angeles, où il obtient ses diplômes de concertiste et de musicologue, et reçoit l’enseignement de la pianiste Rosalyn Tureck, légendaire spécialiste de Bach, dont l’empreinte marquera son interprétation des Variations Goldberg. Il revient à Paris en 1972 pour étudier avec Pierre Sancan, le maître de toute une génération de pianistes français.  

Nous écoutons :
La 1re Gymnopédie d’Erik Satie, dont la partition a été publiée en 1888, dans l’interprétation de Daniel Varsano en 1979 – un moment décisif pour la popularité du compositeur auprès des jeunes générations. 

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