Les Grands Macabres
Programmation musicale
Jeudi 1 juillet 2021
3 min

Bernard Dimey, au mauvais temps

Peut-être cet auteur prolifique de chansons s’était-il égaré dans une époque pour laquelle il n’était pas fait. Mais il laisse tant de chefs d’œuvre.

Bernard Dimey, au mauvais temps
pochette du disque de Bernard Dimey, "Je finirai ma vie à l'Armée du Salut"
  • Aujourd’hui, 1er juillet, je voudrais vous parler de Bernard Dimey, mort le 1er juillet 1981 à l’âge de quarante-neuf ans. 

Je voudrais dire la noblesse de ces grand-voiles de poésie qui appareillent depuis le Gerpil ou le Lux-Bar, bistrots banals mais soudain gonflés d’alexandrins, portés par d’immenses souffles de compassion et d’amour humain qui éclairent la nuit de l’alcool et de la mouise.
Dire aussi un cœur toujours blessé et toujours inondé de beauté. Une âme plus grande que nature et pourtant attachée aux plus frêles destinées peuplant la ville.
Bernard Dimey n’est pas seulement un évangéliste de la biture, un Parisien de la trempe de François Villon, un continuateur de Montéhus et de Richepin à la fois ; il est une des plus grandes plumes de l’histoire de la chanson.
Mais son temps n’a pas vraiment besoin de lui. Dimey ne lui raconte pas le bel aujourd’hui ou la détresse des enfants du siècle ; il lui raconte un ailleurs, un autrefois, un autrement. Des solitaires qui s’assemblent dans la lumière trop forte d’un café, des ratés qui ne réussissent pas même une belle sortie, des paumés qui savent parfaitement où ils en sont. 

Nous écoutons :
Moi qu’écris des chansons, un des grands autoportraits de Bernard Dimey, accompagné en 1977 à l’accordéon par Marcel Azzola. 

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