Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mardi 8 juin 2021
3 min

Ali Maâchi, chantre de l’Algérie

Devenu chanteur un peu par hasard, cet adepte du style bédouin a été entrainé dans le tourbillon de tragédies de la guerre. Il est devenu un symbole.

Ali Maâchi, chantre de l’Algérie
Le chanteur algérien Ali Maâchi (1927-1958), © Youtube
  • Aujourd’hui, 8 juin, je voudrais vous parler d’Ali Maâchi, mort le 8 juin 1958 à l’âge de trente ans.

Ali Maâchi appartient au petit peuple de Tiaret, ville du nord de l’Algérie aussi distante d’Oran que d’Alger. Il a renoncé aux études pour aider son père agriculteur et il se trouve un premier destin grâce à son service militaire dans la base française de Bizerte, en Tunisie. La formation qu’il y reçoit lui permet, à son retour en Algérie, d’entrer comme technicien à la radio. Et, de là, il commence à approcher le milieu artistique. En 1953, il a vingt-six ans quand il crée son premier orchestre – dans ce que l’on appelle le style bédouin.
Peu à peu, il se fait un nom et l’on parle de lui comme d’un second Farid El Atrache, comme du rossignol du Djebel et, pour résumer, comme d’un artiste qui synthétise bien la simplicité des genres ruraux algériens et la sophistication de la variété égyptienne qui domine alors tout le Moyen-Orient et le Maghreb.
En 1956, il enregistre son chef d’œuvre, Angham El Djezaïr – littéralement « mélodies d’Algérie », qui est une traversée des patrimoines musicaux que l’on entend dans les trois départements d’Alger, Oran et Constantine. Vu d’ici, ce n’est pas très spectaculaire mais, en Algérie, cela fait plus de sens : Ali Maâchi expose une culture musicale algérienne nationale. Ce n’est pas seulement un geste artistique, c’est une déclaration politique.

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Nous écoutons : Angham El Djezaïr, le plus légendaire enregistrement d’Ali Maâchi, en 1956, qui célèbre la diversité des répertoires traditionnels algériens.

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