Les Grands Macabres
Programmation musicale
Mardi 6 octobre 2020
3 min

Alexis Stantchinski, la rage et le désespoir

À la fois typique du piano russe du début du XXe siècle, ce jeune compositeur en était aussi un marginal.

Alexis Stantchinski, la rage et le désespoir
Alexeï Vladimirovitch Stantchinski
  • Aujourd’hui, 6 octobre, je voudrais vous parler d’Alexei Stantchinski, mort le 6 octobre 1914, à l’âge de vingt-six ans.

Alexei Stantchinski a six ans quand il commence à composer. On lui donne les meilleurs professeurs de piano, de composition, d'harmonie, de contrepoint. Il faut innover : le garçon est d'un esprit fragile, à qui ne convient pas la ville. 
Sergeï Taneyev, un des plus grands maîtres russes, ami de Tchaïkovski, professeur de Rachmaninov et Scriabine, lui donne des cours par correspondance – une innovation absolue pour l’époque. 
À dix-neuf ans, il entre enfin au Conservatoire de Moscou où son talent éclate – ou plutôt non, n'éclate pas vraiment, tant il est engoncé dans ses difficultés relationnelles. 
De toute façon, ça ne dure pas : un an plus tard, son père meurt. Stantchinski sombre dans une dépression orageuse, pleine d’hallucinations et de furie autodestructrice. On parle d’une affection héréditaire. Il est interné pendant deux ans. 

Nous écoutons :
L’Esquisse n° 6 Andante Epico, une des 12 Esquisses op. 1 d’Alexei Stantchinski, composé en 1911, trois ans avant sa mort et enregistré par Ekaterina Derzhavina en 2017. 

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