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Entretien
Jeudi 24 décembre 2020
25 min

Bernard Cavanna (4/5) : "J'essaie de trouver des matières qui puissent entrer en opposition"

Le violon de Noëmi Schindler, le souffle de l'accordéon ou du cor de chasse, la mélancolie de Schubert ou le smartphone résonnent et dialoguent dans les compositions de Bernard Cavanna. Une recherche de nouvelles cohésions, de nouvelles associations pour innover et "dégager d'autres horizons."

Bernard Cavanna (4/5) : "J'essaie de trouver des matières qui puissent entrer en opposition"
Bernard Cavanna, © Bernard Cavanna

L’année 1987 s'impose comme une année charnière dans le parcours de Bernard Cavanna. À 36 ans, il est nommé Directeur de l’École Nationale de Musique de Gennevilliers. À la même époque, il fait la rencontre de la violoniste suisse Noëmi Schindler avec qui il noue un compagnonnage sans faille. C’est pour elle qu’il compose à 10 ans d’intervalle ses deux Concertos pour piano. C’est le violon de Noëmi Schindler qui s’associe au violoncelle de Christophe Roy et à l’Accordéon de Pascal Contet au sein du trio Aller-retour.

Le trio avec accordéon dessine une ligne de force dans la musique de Bernard Cavanna. Dans son Trio n°1 pour accordéon, violon et violoncelle, Bernard Cavanna exploite le timbre si particulier de l'accordéon, qui se fond avec les cordes et fait naître au contact des cordes des accords inattendus. C’est pour cette formation qu’il revisite les Lieder de Schubert, en transcrivant la partie du piano pour les trois instruments. Schubert n’est pas le seul compositeur cher au compositeur : ses pièces sont habitées de références à Guillaume de Machaut, Jean-Sébastien Bach (Shangaï Concerto, double concerto pour violon, violoncelle et orchestre de 2007), et surtout Beethoven. Geek Bagatelles, pour orchestre et ensemble de smartphones, met en scène huit fragments de la IXe symphonie de Beethoven en les imaginant comme des vestiges d’un chef-d'œuvre disparu.

L’autre fil directeur de la musique de Bernard Cavanna, c’est l’originalité des couleurs instrumentales, l’association d’instruments d’univers très contrastés : l’orgue de barbarie, l'accordéon et la cornemuse, par exemple. A l’Agité du Bocal de 2012 réunit "trois ténors dépareillés et un ensemble de foire" !

Pour aller plus loin

Karl Koop Konzert, Bernard Cavanna
Karl Koop Konzert, Bernard Cavanna, © Aeon
A l’Agité du bocal, Bernard Cavanna
A l’Agité du bocal, Bernard Cavanna, © Empreinte digitale

Programme musical

Claude Debussy
 Sonate pour violon et piano
Noëmi Schindler, violon
Shinobu Tanaka, piano
Inédit, enregistrement live

Bernard Cavanna
 Scordatura, Concerto n°2, 1er mouvement : "Im memoriam Berg"
Noëmi Schindler, violon
Mickaël Cozien, cornemuse
Florentino Calvo, mandoline
Orchestre de Picardie
Arie van Beck, direction
Enregistrement de la création, inédit

Bernard Cavanna, Franz Schubert
Am Flusse
Isa Lagarde, voix
Noëmi Schindler, violon
Anthony Millet, accordéon
Atsushi Sakai, violoncelle
NOMADMUSIC

Bernard Cavanna
Geek Bagatelles, pour orchestre et ensemble de smartphones
Orchestre de Picardie
Arie van Beck, direction
L'EMPREINTE DIGITALE

Bernard Cavanna
 A l'agité du bocal, d'après Céline, pour 3 ténors et 18 musiciens : Kabarett Song ; Hoquet - Trame de Karl K et arches
Christophe Crapez, ténor
Euken Ostolaza, ténor
Paul-Alexandre Dubois, ténor
Ensemble Ars Nova
Philippe Nahon, direction
L'EMPREINTE DIGITALE

Bernard Cavanna
 Scordatura, Concerto n°2, 1er mouvement : "Im memoriam Berg"
Noëmi Schindler, violon
Mickaël Cozien, cornemuse
Florentino Calvo, Mandoline
Orchestre de Picardie
Arie van Beck, direction
Enregistrement de la création, inédit

Les invités :
L'équipe de l'émission :