Mercredi 21 octobre 2015
5 min

La Lettre au Président

Le monde de la culture mobilisé pour soutenir les migrants de Calais. En 3 semaines l’immense bidonville a doublé de volume. Aujourd’hui près de 6000 personnes y campent dans des conditions très difficiles. Alors, ce matin un groupe de cinéastes emmené par Romain Goupil et Nicolas Philibert lance un appel à signatures. Ils ont déjà recueilli celles de 500 personnalités du monde artistique et culturel et ont tourné un petit film dans la jungle de Calais. Leur objectif : réveiller les consciences et surtout les pouvoirs publics sur la zone de non droit qu’est devenu ce bidonville français. De quoi inspirer Cécile de Kervasdoué et Benjamin Laurent. La Lettre au Président c’est le titre de l’Actualité Chantée.

Paroles

Chant 1

C’est à une heure de marche du centre ville

Des tentes, des tôles, du plastique, de la boue

Des hommes, des femmes, des enfants, paraît-il ?

Qui eux n’ont plus, rien tandis que nous avons tout.

La vie s’organise comme dans un village

Eglise, mosquée, commerces ou coiffeur

Il y a même une école, c’est une belle image

S’il n’y avait dans les yeux la fatigue et la peur.

Monsieur le Président cela a lieu chez nous

Vous dressez des barrières, des violences policières

Alors que sous nos yeux ils crèvent à ciel ouvert !

Monsieur le président voyons que faites vous ?

Tous rêvent de partir de traverser la Manche

Rejoindre une famille, se payer un avenir

C’est une nécessité, un fantasme, une revanche ?

Ils iront jusqu’au bout au risque d’en mourir.

Il y a les passeurs, le trafic, la mafia

Qui dirige le camp, rackette les présents

Et puis il y a les morts, trop nombreux et sans droits

Balancés aux infos, d’un ton indifférent.

Monsieur le Président, cela a lieu chez nous

Vous dressez des barrières, des violences policières

Alors que sous nos yeux ils crèvent à ciel ouvert !

Monsieur le président voyons que faites vous ?

Chant 2

Allez-vous donc laisser la misère du monde

Etre manipulée par des puissants immondes ?

Allez-vous déserter comme vos prédécesseurs

Trop inquiets de l’impact sur tous vos électeurs ?

Et Laisser les français perdus dans ce marasme

Croulant sous le cynisme, ou bien sous les sarcasmes

Et se plaignant de tout et de tout un chacun

Et s’enfonçant, sans cesse, dans l’idée du déclin.

Où est la terre d’accueil, celle de vos beaux discours ?

L’universalité, les lumières, vos valeurs ?

Le changement c’est maintenant aviez-vous dit un jour

Monsieur le président vous êtes un menteur !

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