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Concerts
Dimanche 20 janvier 2019
1h 58mn

L'alto roi de Yuri Bashmet

Musicien complet, l’altiste Yuri Bashmet a largement contribué à rendre au mal aimé des instruments à cordes la place qui lui revenait. Qualifié de "meilleur altiste au monde" par le Financial Times, Yuri Bashmet est à l'honneur au travers de nos deux heures de concerts d'archives.

L'alto roi de Yuri Bashmet
Yuri Bashmet, altiste et chef d'orchestre (2016), © Getty / Artyom Geodakyan / TASS

“L’alto est un instrument qui me va bien : il a beaucoup d’humeurs, et peut être à la fois lyrique, mélancolique, brillant ou dramatique. Il est surtout le seul instrument à cordes que l’on reconnaisse instantanément."                                                  
Yuri Bashmet 

Benjamin Britten
Lachrymae pour alto et piano op. 48 (extrait)
Yuri Bashmet, alto
Sviatoslav Richter, piano  
Concert enregistré le 28 juin 1985 à La Grange de Meslay, aux Fêtes Musicales en Touraine 

Robert Schumann
Quatuor en mi bémol majeur pour violon, alto, violoncelle et piano op. 47
III. Andante cantabile
IV.  Finale: Vivace
Victor Tretiakov, violon / Yuri Bashmet, alto / Natalia Gutman, violoncelle / Vassily Lobanov, piano
Concert enregistré le 16 janvier 2005 au Théâtre du Châtelet, à Paris 

Alfred Schnittke
Concerto pour alto et orchestre
Yuri Bashmet, alto
Orchestre national de France dirigé par Charles Dutoit
Concert enregistré le 3 juin 1993 à l’Espace Lumière d’Epinay-sur-Seine 

Arnold Schoenberg
La nuit transfigurée, opus 4
Ensemble Solistes de Moscou
Alto et direction : Yuri Bashmet
Concert enregistré le 3 février 1989 au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris 

Bela Bartok
Concerto pour alto, Sz. 120, BB. 128
Yuri Bashmet, alto
Orchestre national de France dirigé par Charles Dutoit
Concert enregistré le 13 janvier 1996, Salle Olivier Messiaen de la Maison de la radio 

Nuit transfigurée

Deux êtres traversent le bois nu et froid
la lune les suit, ils la regardent. 

La lune fait son chemin au-dessus des chênes hauts
aucun nuage ne trouble la lueur du ciel
où se perdent les sommets noirs des arbres.
La voix d’une femme parle :

Je porte un enfant, et pas de toi
je suis fautive auprès de toi.
J’ai commis une faute atroce.
Je ne croyais plus au bonheur
et pourtant j’ai été poussée par le désir
de donner la vie, d’éprouver le bonheur maternel
et de remplir un devoir ; j’ai eu l’impudence
de me laisser embrasser
par un étranger et je me suis sentie bénie.
Mais maintenant la vie se venge :
car je t’ai rencontré, toi.

Elle continue sa marche un peu raide.
Elle regarde le ciel ; la lune l’accompagne.
Son regard sombre plonge dans la lueur.
La voix d’un homme parle :

Que l’enfant que tu as conçu
ne soit pas un poids pour ton âme,
regarde le rayonnement de l’univers !
La splendeur lumineuse tout autour.
Tu avances avec moi au gré des flots froids,
mais ta chaleur scintillante vibre en passant
de toi en moi, de moi en toi.
Elle transfigurera l’enfant étranger.
Tu le mettras au monde pour moi, de moi ;
Tu m’as apporté la lumière
tu m’as rendu enfant moi-même.

Il enlace ses hanches.
Leurs souffles se mêlent dans l’air.
Deux êtres traversent le cœur de la nuit lumineuse. 

Richard Dehmel
Traduction : Renate Holz

« Il est aussi agile que les violons, le son de ses cordes graves a un mordant particulier, ses notes aiguës brillent par leur accent tristement passionné, et son timbre, en général, d’une mélancolie profonde, diffère essentiellement de celui des autres instruments. (…) Les chants des altos sur les cordes hautes font merveille dans les scènes d’un caractère religieux et antique. »                  
Hector Berlioz, Traité d’orchestration, 1843

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