Mardi 28 mai 2013
1h 25mn

Shirley Horn, avec Sara Lazarus

Shirley Horn, avec Sara Lazarus
Shirley Horn, avec Sara Lazarus

Aujourd'hui nous avons le grand plaisir de retrouver une voix familière, celle de la chanteuse Sara Lazarus, qui est déjà venue dans ce studio évoquer d'autres voix, celles de Sarah Vaughan, de Carmen McRae et de Betty Carter. Ce matin, avec Sara Lazarus, c'est dans le chant de Shirley Horn que nous allons tenter de nous glisser. Et comme la chanteuse Shirley Horn est quasiment indissociable de la pianiste, Sara est venue en compagnie du pianiste Vincent Bourgeyx, qui nous éclairera parallèlement sur le jeu de piano si particulier de Shirley Horn. Portée au pinacle très jeune, au début des années 1960, par de célèbres mentors au nombre desquels figuraient Miles Davis et Quincy Jones, Shirley Horn se fera curieusement plus discrète dès le milieu des années soixante, semblant se confiner à sa ville natale de Washington, devenant par la même occasion l'un des secrets les mieux gardés du jazz américain. Après une longue éclipse, Shirley Horn connaîtra pourtant une magnifique deuxième carrière à partir des années 80. Ce retour à la scène la verra triompher en Europe comme aux Etats-Unis, à la tête d'un trio presque immuable, avec lequel elle se construit un répertoire original, constitué de chansons d'amour, qu'elle interprète dans une veine profondément marquée par le blues. Et pourtant, sa voix joue sur un registre différent de celui qu'affectionnent la plupart des grandes chanteuses de la musique afro-américaine : passée maître dans l'art de la subtilité harmonique, improvisatrice économe, Shirley Horn se révèle surtout dans la profondeur du souffle et la retenue dans la lenteur, même si elle peut parfois faire preuve d'un certain dynamisme. Ce sont tous ces traits de style de Shirley Horn que nous allons tenter de préciser ce matin, en compagnie du pianiste Vincent Bourgeyx et de la chanteuse Sara Lazarus.

Invités

Sara Lazarus

Sara Lazarus nait à Wilmington (Delaware), qui est aussi la ville natale de Clifford Brown. C'est par les comédies musicales que Sara Lazarus découvre très jeune les standards de jazz. À 8 ans, elle prend des cours de piano. Elle apprend ensuite le saxophone ténor et joue dans l'orchestre de son collège, dans sa ville natale. À 16 ans, elle intègre l'American Youth Jazz Band comme saxophoniste ténor et chanteuse, et fait avec ce groupe une tournée européenne qui se termine au Festival de Jazz de Montreux en 1980 [1].

Elle poursuit ses études, en littérature anglaise, à Harvard et rentre dans l'orchestre de jazz de l'université. Illinois Jacquet, qu'elle rencontre alors, l'encourage dans la voie du chant et lui propose de se joindre à sa formation comme chanteuse. Down Beat, l'un des principaux magazines américains consacrés au jazz, la sacre "Meilleur(e) soliste en jazz vocal (niveau université)".

Après ses études, Sara Lazarus s'installe en France, et participe à de nombreux festivals européens: Jazz in Marciac, Crest Jazz Vocal, festival de Montlouis-sur-Loire, Braga Jazz, et le JVC Jazz Festival Paris. Elle se produit avec les musiciens comme Alain Jean-Marie, Jacky Terrasson, Manuel Rocheman, Franck Amsallem, Dominique Lemerle, Riccardo Del Fra, Gilles Naturel et Andrea Michelutti.

En 1994, elle remporte le premier prix du concours international Thelonious Monk[2], dont le jury compte Jon Hendricks, Shirley Horn, Cleo Laine, Abbey Lincoln, Dianne Reeves et Jimmy Scott. À l'occasion de la remise des prix, Sara Lazarus participe à une jam session avec Herbie Hancock, Ron Carter, Grady Tate, Kenny Burrell, Jimmy Heath et Clark Terry.

En novembre 2000, elle participe au projet de Patrice Caratini et son Jazz Ensemble, centré sur la musique de Cole Porter, et à son disque « Anything Goes ».

En mars 2005, l'accueil enthousiaste de la critique comme du public pour son disque Give Me the Simple Life établissent sa réputation, qu'elle confirme lors de tournées en France et dans le reste de l'Europe, notamment dans les grands festivals de jazz.

Sara Lazarus met sa « voix sobre et délicate » au service de sa spontanéité, sa tendresse et son sens communicatif du swing.

Programmation musicale

Artie Butler (né en 1942) / Phyllis Molinary
Here's To Life (Shirley Horn « Here's To Life »)
Shirley Horn, voix / Alan Broadbent, piano / Chuck Domanico, contrebasse /
Harvey Mason, batterie / Richard Todd, cor solo / Johnny Mandel, production, arrangement
Verve 511 879-2 août 1991

Betty Comden (1917-2006) / Adolph Green (1914-2002) / Jule Styne (1905-1994)
Just In Time (Shirley Horn « Embers and Ashes »)
Shirley Horn, voix et piano / Joe Benjamin, contrebasse / Herb Lovelle, batterie
Fresh Sound Records FSR-CD 5961960

Cole Porter (1891-1964)
Love For Sale (Shirley Horn « Loads of Love + Shirley with Horns »)
Shirley Horn, Jerome Richardson, Frank Wess, Al Cohn, Gerry Mulligan,
Joe Newman, Ernie Royal, Kenny Burrell, Hank Jones, Milt Hinton, Osie Johnson, Jimmy Jones, production et arrangement
Mercury 843 454-2 septembre 1962

Sammy Cahn (1913-1993) / Jule Styne (1905-1994)
I Fall in Love Too Easily (Miles Davis « Seven Steps To Heaven »)
Miles Davis, trompette / Victor Feldman, piano / Ron Carter, contrebasse /
Frank Butler, batterie
Columbia CS 8851avril 1963

Sammy Cahn (1913-1993) / Jule Styne (1905-1994)
I Fall in Love Too Easily (Shirley Horn « All of Me »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Steve Williams, batterie
CBS Sony CSCS 5393 septembre 1986

Kermit Goell (1915-1997) / Fritz Spielman (1906-1997)
You Won't Forget Me (Shirley Horn « You Won't Forget Me »)
Miles Davis, trompette / Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse /
Steve Williams, batterie
Verve 847 879.21990

Nat Adderley (1931-2000) / Curtis Lewis (1918-1969)
Old Country (Shirley Horn « The Garden of the Blues »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Steve Williams, batterie
SteepleChase SCCD 3120316 nov 1984

Curtis Lewis (1918-1969)
The Great City (Shirley Horn « I Thought About You »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Steve Williams, batterie
Verve 833 235-212-13 mai 1987

Curtis Lewis (1918-1969)
All Night Long (Shirley Horn « At Northsea »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Billy Hart, batterie
SteepleChase SCCD 37015/16 juillet 1981

Jimmy Van Heusen (1913-1990) / Johnny Burke (1851-1930)
Git Rit of Monday (Shirley Horn « At Northsea »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Billy Hart, batterie
SteepleChase SCCD 37015/16 juillet 1981

Walter Donaldson (1893-1947) / Gus Kahn (1886-1941)
Makin' Whoopee (Shirley Horn « Light Out of Darkness (A Tribute to Ray Charles) »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, guitare /
Tyler Mitchell, contrebasse / Steve Williams, batterie / Gary Bartz, saxophone alto
Verve 519 703-2avril-mai 1993

Herbert Martin / Michael Leonard
Why Did I Choose You (Shirley Horn « A Lazy Afternoon »)
Shirley Horn, voix et piano
SteepleChase SCCD-311119 juillet 1978

Tony DeVita (1932-1998) / Giorgio Calabrese (né en 1929) / Hal Shaper (1931-2004
Softly, As I Leave You (Shirley Horn « Softly »)
Shirley Horn, voix et piano
Audiophile Records DAPCD-224

Johnny Mandel (né en 1925) / Paul Williams (né en 1940)
Close Enough For Love (Shirley Horn « Close Enough For Love »)
Shirley Horn, voix et piano
Verve 837 933-2 novembre 1988

Richard Rodgers (1902-1979) / Lorenz Hart (1895-1943)
This Can't Be Love (Shirley Horn « Close Enough For Love »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Steve Williams, batterie
Verve 837 933-2 novembre 1988

Bruno Martino (1925-2000) / Joel Siegel (1940-2004) / Bruno Brighetti (né en 192
Summer (Estate) (Shirley Horn « I Thought About You »)
Shirley Horn, voix et piano / Charles Ables, basse / Steve Williams, batterie
Verve 833 235-212-13 mai 1987

L'équipe de l'émission :