Lundi 9 février 2015
58 min

Les invités : Javier Torres Maldonado, Ricardo Nillni et Martin Matalon

Le reportage de Pierre Rigaudière

Les instruments hybrides : Juan Arroyo rencontre le Quatuor Tana

Le concept d’instrument hybride, c’est à dire d’instrument acoustique capable de prêter ses modes propres de résonance à la restitution de sons électroniques, avait déjà été évoqué par quelques chercheurs et musiciens. Mais faute d’une équipe qui prenne le taureau par les cornes, le projet était resté lettre morte. La collaboration d’Adrien Mamou-Mani, chercheur acousticien, du compositeur Juan Arroyo, du luthier Lucas Balay et des musiciens du Quatuor Tana a récemment abouti à une réalisation concrète, que le public strasbourgeois pouvait découvrir en concert le 15 janvier dernier.
Dans l’atelier de Lucas Balay à Nanterre, nous assistons au premier essai de l’alto hybride de Maxime Desert. Les musiciens, le luthier et le compositeur soulignent chacun à leur façon le champ qui s’ouvre avec une telle réalisation.

Juan Arroyo
SMAQRA IV, pour quatuor à cordes hybride
Quatuor Tana
et SMAQRA Ib, pour violoncelle hybride
Jeanne Maisonhaute, violoncelle
Enregistrement réalisé en concert par le compositeur

Les invités : Javier Torres Maldonado, Ricardo Nillni et Martin Matalon

Javier Torres Maldonado, compositeur
Né à Chetumal (Mexique) en 1968, Javier Torres Maldonado a étudié le contrepoint, la fugue et la composition au Conservatoire National du Mexique avec José Suárez (lui-même élève de Domenico Bertolucci, Maître perpétuel de la Chapelle Sixtine à Rome, ainsi que du grand organiste italien Fernando Germani), et au Conservatoire de Milan, avec Alessandro Solbiati et Sandro Gorli. Considéré comme l’un des élèves les plus importants de Franco Donatoni, il s’est perfectionné également avec Ivan Fedele (Premier Prix du Conservatoire National de Strasbourg) et Azio Corghi (Académie nationale de Santa Cecilia de Rome). Il a étudié la musique électroacoustique au Conservatoire de Milan et à l’Ircam.

Son travail illustre la complémentarité entre les techniques de composition strictes et les possibilités offertes par les nouveaux moyens technologiques. Javier Torres Maldonado est l'auteur de plus de 50 oeuvres, écrites pour des interprètes s'étant illustrés dans la musique contemporaine, tels le Quatuor Arditti, le Quatuor Danel, l'Ensemble 2e2m, l'Ensemble Orchestral Contemporain, le Nouvel Ensemble Moderne, l'Ensemble Aleph, Mario Caroli, Pascal Contet, Armand Angster, Carlo Chiarappa...
Ses oeuvres ont reçu plusieurs prix internationaux prestigieux : Reine Elisabeth (2005, Bruxelles), Mozart (1997 et 2000, Salzbourg), Reine Maria José (2000, Genève), GRAME (2006, musiques mixtes, Lyon), Alfredo Casella (2001, Sienne), Ad Referendum II (1999, Montréal), Prix des Musiciens (1999, Nouvel Ensemble Moderne), Forum International des Jeunes Compositeurs (Ensemble Aleph, 2003).

Professeur très actif dans le domaine de la composition et des nouvelles technologies, il a été titulaire de la classe de composition électroacoustique au Conservatoire de Milan et occupe actuellement le même poste au Conservatoire d’Alexandrie en Italie.

Site de Javier Torres Maldonado

►Ricardo Nillni, compositeur

Né en 1960 à Buenos Aires, Argentine, il obtient la nationalité française en 1999. Parallèlement, à ses études de composition à la faculté des Arts et Sciences Musicales à Buenos Aires, où il obtient en 1985 la licence et le diplôme de Professeur Supérieur de composition, Ricardo Nillni suit des études de composition et techniques contemporaines avec Francisco Kropfl et travaille au Centre de Musique Electro-acoustique de Buenos Aires (LIPM). Boursier de la Académie Rubin en 1986, il étudie les techniques électroacoustiques et la sémiologie musicale à l’université de Tel-Aviv sous la direction d’Itzjak Sadaï. Il réside à Paris depuis 1987, où il a suivi des études avec Gérard Grisey (rencontre déterminante dans ses orientations esthétiques) et Paul Méfano au CNSMP, et obtenu son Prix de composition. Ricardo Nillni a également suivi des séminaires dictés par Brian Ferneyhough, Helmut Lachenmann et Klaus Huber. Sa formation s’est complétée auprès de Franco Donatoni à Sienne et à l’IRCAM, où il a effectué des études en informatique musicale.

Il reçoit en 1991 le prix TRINAC du Conseil International de la Musique pour Zoom per camera et en 1994 le prix TRIME pour Gaps.
Il est lauréat du Prix de Boswil pour son œuvre Granula en 1995 puis obtient le prix de composition de la ville de Wiesbaden pour son œuvre Habillage du vide en 1999.

De septembre 2000 à juillet 2002 Ricardo Nillni est compositeur en résidence auprès de l’Orchestre de Picardie. En avril 2003 paraît un CD monographique contenant quatre pièces pour orchestre composées pendant cette résidence.
En octobre 2003 son œuvre Plongements pour orchestre est créée par l’Orchestre Philarmonique de Radio France au 81ème Festival de Donaueschingen.

Sa musique a été interprétée par l’orchestre philharmonique de Radio France, l’orchestre MAYO, 2E2M, l’ensemble Barton Workshop,
les solistes de l’EIC, l’ensemble Recherche, l’ensemble A Tempo, Quartett Avance, l’ensemble de l’Itinéraire, Court-circuit... et a été éditée par Billaudaut, EME et Ricordi Munich.

Depuis 1996, Ricardo Nillni développe parallèlement à ses compositions une œuvre multimédia en collaboration avec la plasticienne Laura Nillni sous le nom ARAOZ.

Site de Ricardo Nillni

► Martin Matalon, compositeur

Né à Buenos Aires en 1958, Martin Matalon étudie à la Juilliard School de New York où il obtient son Master de composition. En 1989, il fonde Music Mobile, ensemble basé à New York et consacré au répertoire contemporain et en reste directeur jusqu’à 1996.
En 1993, alors qu'il s'est définitivement installé à Paris, l’Ircam lui commande une nouvelle partition pour la version restaurée du film de Fritz Lang, Metropolis. Après ce travail considérable, Martin Matalon se plonge dans l’univers de Luis Buñuel en écrivant consécutivement trois nouvelles partitions pour les films surréalistes du cinéaste espagnol Un Chien andalou (1927), L’Age d’or (1931) et Las Hurdes, terre sans pain (1932). Il initie en 1997 la série des Trames, œuvres à la lisière de l’écriture soliste du concerto et de la musique de chambre, ainsi que le cycle des Traces qui constitue une sorte de journal intime destiné à des instruments solistes avec électronique en temps réel. Ces deux séries forment un pan important de son catalogue. En 2001 lui sont accordés le prix de la Ville de Barcelone et le Charles Ives Scholarship de la American Academy and Institute of Arts and Letters. Il reçoit en 2005 le prix de la J.S Guggenheim fondation de New York et le prix F. Schmitt de l’Institut de France Académie des Beaux-Arts.

Martin Matalon a été compositeur en résidence à l’Arsenal de Metz et l’Orchestre National de Lorraine (2003-2004), à La Muse en Circuit (2005-2010), au Festival de Stavanger 2011, compositeur en Résidence au CRR d’Aubervilliers / La Courneuve en 2012 et fut compositeur invité du Festival les Arcs pour l’édition 2014. Son catalogue comprend un nombre important d’œuvres de musique de chambre et orchestre et couvre un large spectre de genres : théâtre musical, musique mixte, contes musicaux, musique vocale, installations, musique + texte, hörspiel, œuvres chorégraphiques, musique + film, opéra…

Depuis 2010, il est professeur de composition au CRR d’Aubervilliers / La Courneuve et a créé au sein du Conservatoire l’Atelier, un ensemble consacré à la Musique des XX et XXI siècles. Parallèlement il mène une activité de chef d’orchestre. Il a dirigé l’Ensemble Modern, MusikFabrik, Barcelona 216, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Court-circuit, Les percussions de Strasbourg…

Site de Martin Matalon

Programmation musicale :
Martin Matalon (né en 1958)
Traces IX, pour violoncelle et électronique
Alexis Descharmes, violoncelle
Enr. 6 février 2013 (Salle Cortot, Paris)
Document du compositeur

Ricardo Nillni (né en 1960)
Boom (2013-2014)
Ensemble Alternance
Jean-Luc Menet, flûte
Jacques Ghestem, violon
Claire Merlet, alto
Christophe Mathias, violoncelle
Dimitri Vassilakis, piano
Christophe Mazzella, ingénieur du son
Enr. 30 septembre 2014
Document du compositeur

Javier Torres Maldonado (né en 1968)
Iridescente (2010-2011), pour piano, percussion et électronique, commande Grame / SNCA (Mexique) (extrait)
Candida Felici, piano
Yi-Ping Yang, percussions
Max Bruckert, régie du son
Enr. 12 mai 2011 (Lyon)
Document du compositeur

► Réécoutez pendant 30 jours le concert diffusé en première partie de soirée dans les Lundis de la contemporaine : Festival Présences #3 : programme latino-américain par l'Ensemble Accroche-Note

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