Lundi 12 octobre 2015
1h 31mn

L'invitée : Olga Neuwirth

La compositrice vient annoncer le concert du 21 octobre à la Cité de la Musique, dans le cadre du Festival d’Automne

Le billet d'Arnaud Merlin

Julien Taylor est photographe, il est né en 1976, Arthur Lavandier est compositeur, il est né en 1987, et tous deux sont les heureux lauréats d’un prix original dans sa conception, le Prix Swiss Life à quatre mains, qui associe donc deux artistes de deux disciplines différentes. Ces deux lauréats ont ensuite élaboré un projet commun, un opéra de chambre qui se décline sous plusieurs formes : spectacle, livre-disque, expositions, tout est possible, ce qui a largement stimulé l’imagination de Julien Taylor et d’Arthur Lavandier. Seule contrainte demandée : articuler la création originale avec l’actualité de l’exposition consacrée aux rapports de Marc Chagall avec la musique. Les deux artistes sont donc partis de l’idée d’un petit théâtre, où se jouent cinq récits issus de la littérature yiddish, extraits d’un carnet tenu par la propre grand-mère du photographe. Le photographe joue ensuite d’un procédé très ludique qui détourne l’image précédente dans une nouvelle image, ce qui fait intervenir parallèlement les différents acteurs qui sont aussi les musiciens sollicités par la partition du compositeur. On peut voir cette semaine le premier aboutissement scénique de cette production vraiment originale, en création à la Philharmonie de Paris le samedi 17 octobre, le spectacle sera ensuite repris à la Piscine, à Roubaix, notamment, et un beau livre-disque, « Mémoires de Bobba », vient de paraître parallèlement aux éditions Actes Sud.

Arthur Lavandier (né en 1987)
Bobba – X. Mariages
Manuel Nunez Camelino, ténor
You-Jung Han, violon
Julien Abbes, basson
Mathieu Adam, trombone
Akino Kamiya, percussion
« Mémoires de Bobba »
Actes Sud Musicales ASM 24

Le reportage de Pierre Rigaudière

Occam Océan d’Éliane Radigue

C’est dans le cadre du Festival Crack, consacré aux musiques dites improvisées, qu’Éliane Radigue faisait récemment créer sa première pièce pour orchestre, Occam Océan. À le tête de l’Orchestre de Nouvelles Créations, Expérimentations et Improvisation Musicales (ONCEIM), Frédéric Blondy guidait une improvisation collective minutieusement préparée par un travail de la compositrice avec chacun des musiciens, puis avec les groupes et enfin avec le tutti. Les amateurs de drone music pouvaient se laisser porter pendant une cinquantaine de minutes par les lentes transformations d’une matière musicale fluide et irisée.

Illustrations musicales :
**♫ Éliane Radigue
Occam Océan
ONCEIM
Frédéric Blondy**, direction
Extraits enregistrés en concert par La Muse en Circuit.

L'invitée : Olga Neuwirth

►Le 21 octobre à la Cité de la Musique, l'Ensemble Intercontemporain sous la direction de Matthias Pintscher donnera la création française de la nouvelle pièce d'Olga Neuwirth, Le Encantadas o le avventure nel mare delle meraviglie. Informations et réservations sur le site du Festival d'Automne.

Née à Graz en 1968, Olga Neuwirth commence la trompette à l’âge de sept ans, suivant sans doute en cela les pas de son père, pianiste de jazz réputé. À l’âge de 17 ans, elle passe une année entière à San Francisco, où elle étudie la composition et la théorie musicale (au Conservatory of Music) ainsi que les arts plastiques et le cinéma (à l’Art College).

Rentrée en Autriche en 1987, Olga Neuwirth poursuit ses études de composition à la Hochschule de musique et de théâtre de Vienne dans la classe de composition d’Erich Urbanner, études au terme desquelles elle soutiendra un mémoire de maîtrise sur « L’utilisation de la musique dans le film L’amour à mort d’Alain Resnais ». En parallèle, elle s'initie à l'électroacoustique à l'Institut de musique électroacoustique de Vienne auprès de Dieter Kaufmann et Wilhelm Zobl. Poursuivant plus avant dans cette voie, elle suit à Paris en 1993-1994, l’enseignement de Tristan Murail et participe à un stage en informatique musicale à l’Ircam. C’est durant ces années qu’elle rencontre Adriana Hölszky, Vinko Globokar et surtout Luigi Nono qui, comme Tristan Murail, auront sur elle et son développement créatif une influence décisive.

La reconnaissance vient dès 1991, avant qu’elle ne termine ses études, lorsque Elfriede Jelinek, future Prix Nobel de Littérature, la choisit pour réaliser avec elle deux mini-opéras pour le Wiener Festwochen. En 1994, elle fait partie du jury de la biennale du nouveau théâtre musical de Munich puis du forum des compositeurs aux cours d’été de Darmstadt. En 1996, elle reçoit une bourse du DAAD à Berlin. En 1998, son œuvre est présentée lors de deux concerts portraits dans le cadre de la série « Next Generation » au Festival de Salzbourg.

Elle retrouve Elfriede Jelinek et le Wiener Festwochen pour créer sa première grande pièce de théâtre musical, Bählamms Fest (1997-1998), d’après Leonora Carrington, une œuvre qui lui vaut le prix Ernst Krenek. L’année suivante, pour les 75 ans de Pierre Boulez, elle compose Clinamen / Nodus, qui sera créée à Londres par son dédicataire, à la tête du London Symphony Orchestra. Elle est cette même année en résidence auprès du Koninklijk Filharmonisch Orkest van Vlaanderen, à Anvers et, deux ans plus tard, elle est compositrice invitée au Festival de Lucerne, avec Pierre Boulez à nouveau.

Dès lors, les commandes et créations s’enchaînent : aux pièces de concert, musiques pour la scène (comme …ce qui arrive… sur des textes de et avec Paul Auster en 2004) et musiques pour le cinéma s’ajoutent bientôt des installations et des vidéoclips. Les grandes institutions et festivals lui ouvrent leurs portes et ses œuvres sont joués par les plus prestigieux ensembles de musique d’aujourd’hui.

Elle poursuit également sa fructueuse collaboration avec Elfriede Jelinek. En 2003, elles créent Lost Highway, d’après le film éponyme de David Lynch, à l’Automne Styrien. En 2006, au Festival de Salzbourg, le trompettiste Håkan Hardenberger et le Wiener Philharmoniker, placé sous la direction de Pierre Boulez, créent son concerto pour trompette …miramondo multiplo…. En 2012, elle achève la composition de deux opéras à New York : The Outcast et American Lulu.

Ses œuvres sont publiées chez Ricordi et chez Boosey & Hawkes et sont enregistrées sur les label Accord, Col Legno et Kairos.

Olga Neuwirth est membre de de l'Académie des Arts à Berlin et Munich.
Biographie issue du site de l'Ircam

Site web d'Olga Neuwirth

► Programmation musicale :
Olga Neuwirth (née en 1968)
Lost Highway – Intro, Scene 1a
Vincent Crowly (Fred)
Constance Hauman (Renée)
Klangforum Wien
Johannes Kalitzke, direction
Enr. 2006
Kairos 0012542KAI

**♫ Olga Neuwirth (née en 1968)
Weariness heals wounds I (2014)
Antoine Tamestit**, alto
Enr. 6 novembre 2014 (Paris, Festival d’Automne)
Document du compositeur

**♫ Olga Neuwirth (née en 1968)
Masaot/Clocks without Hands pour grand orchestre
Wiener Philharmoniker
Daniel Harding**, direction
Enr. mai 2015 (Konzerthaus, Vienne)
Document du compositeur

**♫ Olga Neuwirth (née en 1968)
Eleanor Suite
Della Miles, chant
Tyshawn Sorey, percussion
Klangforum Wien
Sylvain Cambreling**, direction
Enr. 7 août 2015 (Salzbourg)
Document du compositeur

► Réécoutez pendant 30 jours le concert diffusé en première partie de soirée dans les Lundis de la contemporaine : Musica #4 : Le GrauSchumacher Piano Duo joue Philippe Manoury

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