Le jardin des critiques
Magazine
Dimanche 10 mars 2013

BACH : Cantate BWV46 - avec Jean-Pierre Derrien, Georges Guillard et Hélène Schmitt

BACH : Cantate BWV46 - avec Jean-Pierre Derrien, Georges Guillard et Hélène Schmitt
BACH : Cantate BWV46 - avec Jean-Pierre Derrien, Georges Guillard et Hélène Schmitt

Sortie chez Outhere en 2012

Emission en hommage à Marie-Claire ALAIN

La cantate BWV 46 a été composée pendant la première année que Bach passa à Leipzig à l'occasion du dixième dimanche après la Trinité et fut jouée pour la première fois le 1er août 1723.

Ce dimanche-là, les paroissiens de Saint-Thomas pouvaient entendre les lectures tirées de l'épître aux Corinthiens 12:1-11, et Luc 19:41-48 : le thème de l'Evangile étant Jésus promettant la destruction de Jérusalem en chassant les marchands du temple.

Quant au texte du premier choeur, il est issu du Livre des lamentations de Jérémie, le choral final reprenant une strophe du choral « O großer Gott von Macht » de Johann Matthäus Meyfart.

Bach a prévu une instrumentation luxuriante pour cette cantate avec deux flûtes à bec, deux hautbois da caccia, cordes et continuo. Par ailleurs, il a recyclé le choeur d'entrée dans sa Missa brevis de 1733, embryon de sa future Messe en si mineur.

La récente parution de cette cantate BWV 46 par Philippe Herreweghe et son Collegium Vocale de Gand chez Outhere en 2012 nous a donné l'opportunité de programmer cette magnifique cantate, assez peu connue, au Jardin des critiques.

Attaché de production : Yoann JOLIET

Chargé de réalisation : Laurent LEFRANCOIS

Invités

Georges Guillard

Titulaire du prestigieux instrument Alfred Kern de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, à Paris durant quarante ans, Georges Guillard est également fondateur du Département de Musique Ancienne au C.R.R. de Paris.
Il est docteur en Musicologie et a été professeur agrégé à l'U.F.R. de Musique et Musicologie en Sorbonne.

Concertiste international, il a également été producteur délégué à Radio-France (France-Musique) pour des cycles d'orgue.

En 2002, il est l'initiateur et le producteur d'une intégrale des Cantates de J.-S.Bach qui remporte un vif succès et devrait prendre fin en...2025.

De nombreux contacts avec des artistes ou des facteurs [en particulier, lors du projet Ahrend avorté à St-Louis-en-l'Ile] l'ont sensibilisé au répertoire européen baroque et classique, l'amenant à publier en première mondiale maintes œuvres dont des chorals pour orgue de G.A.Homilius ou le fac-simile de l'Art de la fugue de J.S.Bach (éd. Zurfluh, en co-édition avec Toulouse-les-Orgues).

Il a aussi créé des œuvres pour orgue de Olivier Alain, Philippe Schoeller, Michèle Reverdy, Bernard Foccroulle.

Il est l'auteur d'un Que Sais-je, devenu un grand classique : J.S.Bach et l'Orgue (repris par Zurfluh, 3ème édition), ainsi que d'un Manuel Pratique pour l'Analyse auditive (éd.Transatlantiques) très prisé par les étudiants.

Sa discographie compte plusieurs premières mondiales (chorals de G.A.Homilius, Variations de H.L.Hassler), et surtout il a enregistré l'intégralité de l'œuvre vocale et instrumentale de Jehan Alain en 3 CD Arion (couronnés par un double Orphée d'Or de l'Académie du Disque Lyrique).

Hélène Schmitt

Après des études de violon à Paris et de violon baroque à la Schola Cantorum de Bâle, auprès de Chiara Banchini, Hélène Schmitt approfondit son jeu auprès de Reinhard Goebel à Cologne.
Lauréate de troix prix internationaux, elle mène une carrière de soliste où elle se produit dans de nombreux haut-lieux en Europe, au Japon, en Corée, aux Etats-Unis, en Turquie et dans les Pays Baltes.

Elle a enseigné le violon baroque au CNR de Toulouse, au Conservatoire de Genève et dirige actuellement la classe de violon baroque et de musique de chambre au CRR de Boulogne-Billancourt.

Neuf disques en soliste, dont les huit derniers pour le label Alpha, sont déjà à son actif. Dernière parution discographie, Sei solo en février 2011, consacrée aux sonates de Mozart et de Beethoven pour violon seul.

Hélène Schmitt joue un violon Camillo Camilli (début XVIIIe siècle)

Programmation musicale

VERSION 1 :
René Jacobs (Alto), Kurt Equiluz (Ténor), Hanns-Freidrich Kunz (Basse)
Leonhardt-Consort / Knabenchor Hannover
Gustav Leonhardt
Teldec [8.35283]1975

VERSION 2 :
E. von Magnus et B. Bartosz (Alto), J. Dürmüller (Ténor), K. Mertens (Basse)
The Amsterdam baroque Orchestra & Choir
Ton Koopman
Erato [3984-25488-2]1998

VERSION 3 :
Damien Guillon (Alto), Marcus Ullmann (Ténor), Lieven Termont (Baryton)
Il Gardellino
Marcel Ponseele
Passacaille [passacaille 977]2010

VERSION 4 :
Daniel Taylor (Alto), Christoph Genz (Ténor), Gotthold Schwarz (Basse)
The English Baroque Soloists / The Monteverdi Choir
John Eliot Gardiner
Soli Deo Gloria [SDG147]2000

VERSION 5 : VERSION CHOISIE
Damien Guillon (Alto), Thomas Hobbs (Ténor), Peter Kooil (Basse)
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe
Outhere [LPH 006]2012

VERSION 6 :
Kai Wessel (haute contre), Makoto Sakurada (Ténor), Peter Kooil (Basse)
Bach Collegium Japan
Masaaki Suzuki
BIS [BIS-CD-991]1998

Bibliographie

Livre

Jean-Sébastien Bach et l'orgue

Georges Guillard

Zurfluh Martin

L'oeuvre de Bach parle à tous, même à celui qui n'est pas musicien. Une comparaison peut nous le faire comprendre. Il est des instants dans la vie, où se détache de nous tout ce qui est extérieur, apparence, artifice. En de tels instants, nous expéri­mentons la vie comme un événement de la nature et nous ressentons ses motifs éternels : naissance, sommet de la volupté, abîme de la douleur, mort. C'est le sentiment d'un destin contre lequel nous ne pouvons rien, pauvres hommes ! C'est comme si la sève de la vie sourdait à présent de l'arbre que nous sommes, - elle n'a pas un goût de douceur, elle n'est pas enivrante, elle est rude et amère et cependant pleine d'arôme. Ce qui est merveilleux en elle, c'est sa force, - et cette force est la vérité. La musique de Bach a ce goût-là ; c'est toujours la vérité, l'authenticité. C'est le Logos, le sens ultime de tout être qui prend corps dans son oeuvre.»
Ainsi s'exprime le grand pianiste Edwin Fischer dans ses Considérations sur la Musique (Ed. du Coudrier, 1951). Et certes, pour l'organiste contemporain, Bach représente bien cette sève vitale dont parle Fischer. Son oeuvre constitue la référence obligée : pierre de touche du virtuose, pain quotidien de l'apprenti, réserve inépuisable du serviteur liturgique, morceau de résistance de tout récital, sommet d'une carrière discographique, idéal sonore d'un projet de facture, etc.
En son temps - véritable âge d'or de l'orgue - Bach eut pourtant de fameux concurrents : Telemann, Couperin, Rameau, Scarlatti, Haendel. En regard de celle de Jean-Sébastien, leur production pour l'orgue est quasi insignifiante. Doit-on incriminer l'instabilité de virtuoses itinérants, un goût plus prononcé pour le clavecin et les feux de la Cour, une fois plus tiède ? Doit-on supposer des oeuvres perdues à jamais ?

L'équipe de l'émission :