Mardi 3 février 2015
22 min

Les Victoires de la musique classique : une victoire, et après?

Hier soir se tenait la 22e cérémonie de remise des Victoires de la musique classique. L'occasion pour Vincent Josse et Jean-Baptiste Urbain de se demander ce qu'une telle récompense implique pour l'avenir des musiciens, avec les réactions de Jean Rondeau, "Révélation soliste instrumental" aux Victoires de cette années.

C'est LE rendez-vous annuel de la musique classique à la télévision. Les 22e Victoires de la musique classique avaient lieu hier soir à Lille, retransmises sur France 3 mais aussi et d'abord sur France Musique !

Parmi les lauréats : le violoncelliste Edgar Moreau soliste instrumental de l'année, Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion enregistrement de l'année pour la Köthener Trauermusik de Jean-Sébastien Bach, Sabine Devieilhe artiste lyrique … et notre chouchou le claveciniste Jean Rondeau, Victoire de la révélation instrumentale de l'année !

Pourquoi des Victoires de la musique classique ? Pourquoi certaines catégories et pas d'autres ? Quelles concessions la musique doit-elle faire au petit écran ? Début de réponse avec Jean Rondeau. Le claveciniste, habitué de France Musique, a reçu cette année le prix de la "révélation soliste instrumental".

Pour un artiste, qu'est-ce qu'une Victoire de la musique apporte vraiment ?

Jean-Baptiste Urbain, en reportage ces jours derniers à Nantes lors de la Folle Journée, a tendu son micro à quelques spectateurs et musiciens.

Car dans les couloirs et à la sortie des multiples salles de la Cité des Congrès de Nantes qui depuis 20 ans accueille la Folle Journée, on en rencontre à la pelle, des lauréats des Victoires de la musique classique. Preuve que ces Victoires sont souvent synonymes de succès populaire.

Parmi ces musiciens, l'une des fidèles de la Folle Journée : la pianiste Claire-Marie Le Guay. Cette année, elle fait partie du jury de présélection de la Victoire de la révélation instrumentale. Mais en 1998, c'est elle qui a remporté ce prix prestigieux, qui, pour elle, a changé beaucoup de choses.

La reconnaissance du public, c'est une chose, mais, concrètement, qu'est-ce qu'une Victoire apporte aux lauréats ?

Autre exemple avec la violoncelliste Ophélie Gaillard. C'est en 2003 qu'elle remporte la Victoire de la révélation instrumentale. Un tournant, dit-elle, qui a marqué une étape importante pour s'ouvrir à un grand public. Mais pas seulement

Au delà de cette caution supplémentaire, arrive-t-il qu'une Victoire de la musique classique change une vie ?

Quand on regarde la liste des Victories de la révélation instrumentale, tous continuent de faire une carrière de soliste aujourd'hui. Notamment le guitariste Emmanuel Rossfelder, élève d'Alexandre Lagoya.

La guitare est l'un des parents pauvres du répertoire classique, souvent méprisé. Pas facile non plus de se produire dans de grandes salles de concert pour cet instrument intimiste!

Pour Emmanuel Rossfelder, oui, la Victoire de la révélation instrumentale qu"il a obtenue un an après Ophélie Gaillard, en 2004, a changé sa vie. En particulier dans le nombre de salles où il se produit par an.

Certains musiciens se montrent toutefois plus mesurés. Notre grand trio français, le Trio Wanderer, par exemple.

A trois reprises, en 1997, 2000 et 2009, ils remportent la VIctoire de la formation de musique de chambre de l'année. Et pourtant. Au-delà de la fierté d'une telle récompense, Jean-Marc Phillips Varjabédian, le violoniste de l'ensemble, n'a pas vraiment observé de bouleversement dans la carrière du trio. Les membres du Trio Wanderer ont obtenu leur dernière Victoire de la formation de musique de chambre de l'année en 2009. Depuis, cette catégorie a disparu des différentes Victoires remises chaque année début février.

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