Lundi 12 octobre 2015
12 min

Le garde meuble lyrique de l'Opéra Comique

Pour maintenir le lien entre les spectateurs et l'Opéra Comique pendant la durée des travaux, la Salle Favart a organisé un garde meuble lyrique. 10 objets sont confiés à 10 fidèles du théâtre afin de faire vivre les souvenirs liés à l'Opéra.

L'Opéra Comique à Paris se refait une beauté. La salle Favart va connaître d'importants travaux de mise aux normes et d'aération. 18 longs mois qui vont laisser les aficionados de cette salle du 2e arrondissement orphelins. Heureusement, le nouveau directeur Olivier Mantei et son équipe ont pensé à tout pour faire patienter les amoureux de l'Opéra Comique. Jusqu'en 2017, de nombreuses actions vont continuer à faire vivre l'opéra. Et notamment avec l'opération "Hébergez-moi".

Derrière ce nom, se cache une opération de garde meuble lyrique. L'idée est plutôt simple, il s'agit de confier à plusieurs habitués des objets appartenant à l'Opéra Comique et ce pendant toute la durée des travaux. 10 fidèles de la Salle Favart ont été sélectionnés sur lettre de motivation et hébergeront leur objet chez eux pendant 18 mois. Jeudi soir dernier, une réception était organisée dans les bureaux provisoires de l'Opéra Comique situés rue du Sentier dans le IIe arrondissement pour que les 10 personnes sélectionnées viennent récupérer leur objet. Olivier Mantei, le directeur les accueille.

Il leur explique que ce garde meuble lyrique est un échange de bon procédé. "C'est un troc. Vous emportez chez vous une partie de l'Opéra Comique et en échange vous nous racontez vos souvenirs, vos émotions liées à la Salle Favart ".

Olivier Mantei, directeur de l'Opéra Comique. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
Olivier Mantei, directeur de l'Opéra Comique. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

L'équipe du théâtre a reçu une soixantaine de lettres de personnes souhaitant participer. La sélection s'est effectuée de manière totalement subjective confesse Chloé Kobuta, chargée de relation avec le public. "Il y a Claude par exemple, un organiste qui fréquente la Salle Favart assiduement depuis 1977 et qui avec ason chate, écoute France Musique toute la journée, et notamment les représentations captées en direct depuis l'Opéra Comique ". Claude repartira chez lui avec trois objets ayant servi à la mise en scène de Zampa, un opéra de Ferdinand Hérold : une couronne imitation or, un porte-manteau fait de pieds de biches et une boîte métallique.

"C'est très émouvant, explique Claude. Il s'agit de la première production de l'ère Jérôme Deschamps qui, selon moi, a redonné vie à l'âme de l'Opéra Comique. Un endroit chaleureux, plus intime que l'Opéra de Paris et où l'on y programme tout ce répertoire français extrêmement intéressant ".

Une vieille affiche des années 1950 avec laquelle repartira un jeune étudiant, fidèle de l'Opéra Comique. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
Une vieille affiche des années 1950 avec laquelle repartira un jeune étudiant, fidèle de l'Opéra Comique. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

Parmi les autres personnes sélectionnées, Daniel et Alexandra, le seul couple de l'opération, repartent avec une valise utilisée dans Mignon l'opéra d'Ambroise Thomas. Ils se sont rencontrés à l'Opéra Comique et c'est donc tout un symbole de pouvoir emporter un morceau du théâtre chez eux. Il y a également cette femme qui anime une chorale d'enfants et qui repart avec un pupitre, ce jeune étudiant toulousain récemment installé à Paris qui hérite d'une belle affiche des années 50. Parmi les objets prêtés mais des fauteuils dont le pouf de la soprano Magali Léger dans L'Amant jaloux ou encore plus symbolique la servante de l'Opéra Comique, cette lampe qu'on laisse allumée sur scène entre deux représentations quand la salle est déserte et qui veille sur les lieux.

Pendant les 18 mois des travaux, une équipe de tournage se rendra chez les dix hôtes tous les deux à trois mois pour une série d'entretien concernant les souvenirs liés à l'Opéra Comique, de la place de l'opéra dans leurs vies mais aussi les nouvelles anectotes potentiellement générées par la présence des objets dans leurs nouveaux emplacements. Les différentes vidéos s'incrusteront dans un mur numérique sur lequel viendront s'ajouter de nombreux autres témoignages de fans impatients de retrouver en 2017 cette vieille salle parisienne qu'est la Salle Favart.

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