Vendredi 11 septembre 2015
9 min

Le fan club de Jonas Kaufmann

A l'occasion de la journée dédiée au ténor allemand Jonas Kaufmann, Victor Tribot-Laspière part sur les traces de ses fans ...

Jonas Kaufmann est le ténor le plus demandé sur toutes les grandes scènes d'opéra internationales. Ses représentations se donnent toutes à guichet fermé. Et comme pour n'importe quelle star, une importante communauté de fans le suit dans le moindre de ses déplacements. Mais qu'est-ce qui rend le bavarois si différent des autres chanteurs ?

Ils peuvent passer des heures à discuter sur des forums spécialisés sur le dernier disque du ténor, sur tel rôle dans tel opéra voire sur sa dernière coupe de cheveux. Ces mélomanes sont prêts à presque tout pour pouvoir aller écouter et voir leur idole sur scène. C'est le cas d'Hélène Adam, parisienne qui travaille comme technicienne chez Orange.

Passionnée par l'opéra, elle s'y rend en moyenne une dizaine de fois par mois. Et surtout elle ne rate presque jamais une occasion d'aller assister à un concert de Jonas Kaufmann. Problème, même si le ténor vient régulièrement à Paris pour donner des récitals, il n'est pas venu dans une production lyrique depuis 5 ans. Pas le choix pour Hélène, c'est à l'étranger qu'il faut aller l'écouter.

Munich, Baden Baden, le Festival de Salzbourg, Londres, Rome... la "kaufmaniaque" a déjà effectué une douzaine de voyages lyriques en Europe pour aller voir le ténor bavarois. Depuis qu'elle l'a découvert, un peu par hasard, dans La Traviata de Verdi au Palais Garnier en 2007, la magie continue d'opérer.

"Dès la première fois qu'on l'entend, il est scotchant. Il a une manière de projeter sa voix, de vous renverser sur votre siège. Il rentre dans ses personnages d'une façon si intense, qu'il nous fait partager l'histoire de son personnage, peu importe la mise en scène " explique Hélène Adam.

Pour elle, le ténor regroupe toutes les qualités d'une star d'opéra : une voix hors du commun, un talent d'acteur rarement vu dans le monde lyrique et aussi, un physique plus qu'avantageux. Hélène Adam reconnaît que c'est un détail qui pourrait être secondaire mais qui a dû jouer un rôle indéniable dans sa starification.

"A l'instar d'un acteur de théâtre ou de cinéma, c'est toujours mieux de correspondre au physique du héros que vous incarnez. L'opéra n'échappe pas à la règle. Mais la beauté physique n'empêche pas les grandes carrières. Pavarotti n'était pas un Adonis mais il a connu une carrière incroyable. Pour Kaufmann, c'est un plus qui n'est pas déagréable à regarder ! " analyse la fan du chanteur.

Suivre partout en Europe son "idole" est une passion qui coûte un certain prix, Hélène Adam le reconnaît mais c'est un choix qu'elle a fait, plutôt que de se payer des vacances sur une île tropicale. Ceux qui auraient moins de moyens ont eu moins de chance pour écouter le ténor. Il n'est pas venu dans une production lyrique à Paris depuis 2010 dans Werther de Massenet. Autant dire que son retour cette année dans La Damnation de Faust de Berlioz à partir du 5 décembre à l'Opéra de Paris est très attendu.

Les fans ont heureusement pu l'entendre ces dernières années dans des récitals, principalement au Théâtre des Champs-Elysées. Le ténor est resté fidèle à la première salle parisienne a lui avoir ouvert les bras. Et rien que cette saison, il s'y produira quatre fois dans quatre programmes différents. Des concerts qui, selon Michel Franck le directeur du Théâtre des Champs-Elysées sont déjà archi-complets.

"Nous avons ouvert la billeterie à nos mécennes dès le mois de mars puis à nos abonnés dès le mois d'avril. Fin juin, il n'y avait déjà plus aucune place ". Le directeur reconnaît avoir craint qu'avec quatre programmations de Kaufmann cette saison, les places se vendent moins bien. Le cachet du ténor coûte cher - le prix ne nous a pas été communiqué - et par conséquent le prix des billets augmente proportionnellement.

Il reste tout de même quelques places à acheter mais ce sont les fameuses "places aveugles", celles situées derrières des piliers. De quoi donner du plaisir à vos oreilles mais pas à vos yeux.

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