Mardi 17 février 2015
16 min

La relocalisation des enregistrements de musiques de film en France

Les enregistrements de musiques de film sont de plus en délocalisés à l'étranger, au grand dam des compositeurs français. Le point avec Jean-Baptiste Urbain et Patrick Sigwalt sur une situation aux enjeux économiques et artistiques.

C'est un appel qui est lancé ce mois-ci par les compositeurs français de musiques de films. Ils demandent à "relocaliser" en France les enregistrements des musiques pour l'audiovisuel, enregistrements qui, pour des questions de coût, ont le plus souvent lieu en Europe de l'Est.

Pourquoi cet appel ? Quelles sont les conséquences économiques de ces "délocalisations musicales" ? Et quelles sont les solutions pour y remédier ?

L'invité de notre "Dossier du jour", ce matin, est Patrick Sigwalt, compositeur de musiques de films. Il a d'ailleurs reçu le César de la meilleure musique pour "Western" de Manuel Poirier. Il est par ailleurs le Secrétaire général de l'Union des compositeurs de musiques de films (UCMF).

Jean-Baptiste Urbain nous emmène dans une société de production de musique de films, à la rencontre d'un compositeur en plein de travail : Thomas Mercier. En ce moment, il est en pleine écriture. C'est la première fois qu'il compose la musique d'un long métrage. Il réalise ce travail dans un "home studio" où il nous reçoit… comme à la mais ! Ici, tout est informatisé. Petite visite de ce studio de poche qui sert à réaliser des maquettes.

Où seront réalisés les enregistrements acoustiques d'un violon d'un orchestre dont parle Thomas Mercier ? Il ne le sait pas encore, le producteur de la musique non plus. Il s'appelle Arnaud Gauthier et dirige la société de production "Massive music". A l'actif de cette 'boîte', les musiques de séries comme "Borgia" ou Mafiosa" et les films du réalisateur israélien Eran Riklis.

Enregistrer à l'étranger ou en France ? La réponse, pour lui, dépend de nombreux facteurs. N'y a-t-il qu'un problème de coût ?

Thomas Mercier invoque aussi des problèmes de réactivité : trouver une date rapidement pour enregistrer avec des musiciens, en studio, en France, n'est pas chose aisée, dit-il. Pire : à force de ne pas enregistrer de musique de films, on ne sait plus le faire en France ! Autrement dit, le serpent se mord la queue. C'est ce que pense le compositeur et producteur Arnaud Gauthier.

Alexandre Despats, comme d'autres grands noms français de la musique de film avant lui, de Maurice Jarre à George Delerue, travaille désormais presque exclusivement aux Etats-Unis. Il n'y a pas que l'enregistrement de musique de films qui se délocalise, il y a aussi les compositeurs ! Mais ça, c'est une autre histoire…

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