Jeudi 28 mai 2015
4 min

La musique au service de la santé

Quand la musique va à la rencontre de l’handicap. En France, plusieurs associations développent des activités culturelles dans les hôpitaux et les établissements de soin. Pour amener la culture dans un lieu qui ne lui est pas a priori dédié, et aller à la rencontre d’un public qui en est éloigné. Tous les quinze jours, Philippe Bouteloup, directeur de l’association Musique et Santé se rend à l’Institut « Notre école » à Paris, qui accueille la journée 42 enfants et adolescents atteints d’autisme sévère.

La musique au service de la santé
image : Jean-Yves Patte

A chaque fois, ça commence par le même rituel, la chanson « Bonjour ». Elle est importante car elle permet aux enfants de se nommer, mais aussi de nommer les autres. Et ce moment marque pour eux le début de l’atelier.

Ici tout est réfléchi. Les enfants ont des troubles très importants, peu d’entre eux ont l’usage de la parole. Pour leur épanouissement, on leur propose des chansons qu’ils connaissent, et auxquelles ils peuvent participer…

Des dimensions sensorielles essentielles

Après le chant, vient la découverte des instruments. Assez vite les jeunes se prennent au jeu, ils testent les percussions venues d’Afrique.

Leurs sens sont en éveil, ils touchent, secouent, s’agitent aussi parfois un peu. Et c’est dans ce but que Philippe Bouteloup, musicien de formation, organise ces ateliers : « il s’agit de prendre du plaisir, de découvrir sa voix, jouer avec les sons, avec les autres, écouter (…) il y a cette dimension de découverte, de ressenti et on voit bien que chez ces enfants les dimensions sensorielles sont essentielles ».
Ces ateliers permettent aussi aux jeunes à apprendre à resté concentré, à être en groupe, à écouter.

Parfois, ils donnent lieu à de belles surprises. Comme lorsque Mélanie s’est mise à chanter « Une souris verte », alors qu’elle ne s’exprime presque jamais.

Un travail encadré

Chaque atelier est encadré par un éducateur spécialisé, comme Emilie Jérôme. Il faut aider les musiciens à comprendre les gestes des jeunes autistes. Ensuite, Philippe Bouteloup forme l’équipe pour qu’elle puisse le reste du temps faire, elle aussi, chanter les enfants et les adolescents : « Ca fait un an que je suis formée à l’atelier musique et santé on apprend des nouvelles chansons, des rythmes, à composer, c’est très intéressant », admet Emilie Jérôme.

Une démarche pédagogique

Et ce programme s’inscrit totalement dans la démarche de l’école.
Cela fait deux ans et demi que l’association et l’Institut « Notre école » sont partenaires. Ils travaillent également avec le programme Cœur de la SACEM. son directeur Matthieu Lardjane se dit très satisfait, car comme toutes les activités, elles ont une valeur pédagogique : « Avec ce public, qui est un public compliqué on doit trouver tous les supports possibles pour avancer vers l’autonomie, que ce soit la musique le sport ou de simples ballades on ne se prive d’aucun partenariat qui pourrait être bénéfique pour nos jeunes ».

Il espère que le partenariat sera prolongé. Selon l’équipe, les enfants l’apprécient énormément.

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