Jeudi 18 février 2016
4 min

La Cité musicale de l'île Seguin

Une Cité musicale verra bientôt le jour sur l’Ile Seguin dans les Hauts-de-Seine, à la place des anciennes usines Renault. Son ouverture est prévue pour avril 2017 et l’ensemble va rassembler une salle de concert, un auditorium, des studios de répétitions, des boutiques.

Difficile pour l’instant d’obtenir beaucoup d’informations sur cette future Cité Musicale. Le projet qui s’annonce très conséquent, éveille pourtant la curiosité. On sait qu’il comprendra une salle de concert dédiée aux musiques actuelles qui pourra accueillir entre 4 000 et 6 000 personnes, et un auditorium pour la musique classique d’une capacité de 1 150 places, auxquels s’ajoutent des boutiques, des lieux de restauration, et tout un ensemble d’équipement autour de la musique.

Le lieu se promet le plus grand pôle d’enregistrement et de répétition en Europe, affirme Stephan Kutniak, directeur général adjoint responsable du pôle culture au département des Hauts-de-Seine. Il résume l’esprit de cette Cité ainsi : « Je crois que pour résumer la programmation : « sophistiqué » et « populaire », cela marche assez bien. Il faut que cela puisse réunir à la fois différentes esthétiques, différents publics, différents âges. Quand on se promène dans les lieux dédiés à la musique ailleurs en Europe, on se rend compte que les barrières sont beaucoup moins marquées qu’ici. Si vous vous rendez au Barbican à Londres, vous pouvez entendre dans la même semaine, une reprise des Misérables, et puis le London Symphony Orchestra qui s’y produit très régulièrement. A Paris, souvent me semble-t-il, on n’est pas très bien accueilli, parce que les lieux sont exigus, parce qu’ils n’ont pas été pensés pour recevoir autant de personnes, dans les conditions de sécurité qui sont les nôtres. La qualité de service, la qualité d’accueil, la restauration également, sont très importantes pour nous. »

L’idée est soutenue par l’association Val de Seine Vert, qui mène une réflexion sur la réhabilitation du site Renault. Pour Luc Blanchard son président, il était urgent qu’un projet voit le jour sur l’île. Il regrette cependant le recours au partenariat public-privé. Le département des Hauts-de-Seine a en effet confié la mission de construction, de maintenance et d’exploitation a un partenaire qui regroupe Bouygues, TF1, Infravia et Sodexo : « C’est jamais de bonnes opérations. Même si ça peut paraitre intéressant pour la collectivité dans un premier temps, finalement, ça coûte très cher. Mais il nous semblait nécessaire que quelque chose démarre vite sur l’île Seguin, c’est une salle qui, dans notre région, manquait et donc, le fait qu’on puisse implanter cette cité musicale à cet endroit nous paraissait être un geste fort, qu’aucune association n’a remis en question. »

Stephan Kutniak défend au contraire le choix du partenariat public-privé, un contrat « rassurant » selon ses mots, d’une durée de 30 ans, qui mêle partenariat et objectif. TF1 et Sodexo s’occuperont d’une grande partie de la programmation des deux salles. Quant au département, il assurera la programmation d’une cinquantaine de levée de rideaux. Et on retrouvera à la Cité Musicale des projets menés par les deux ensembles qui y seront en résidence permanente : la Maitrise des Hauts de Seine, et l’Insula Orchestra, dirigé par la chef d’orchestre Laurence Equilbey : « On va déjà donner nos propres projets, et puis on va développer beaucoup les productions scéniques, d’un genre un peu nouveau, et puis des concerts plus traditionnels. On va casser le format des concerts très régulièrement avec des concerts flash de 20 minutes et des concerts courts d’une petite heure, avec beaucoup de formules, et beaucoup de choses pour les jeunes gens. On a beaucoup d’idées avec le groupement qui va exploiter une partie de cet auditorium et la grande salle. On se réjouit vraiment de cet investissement du département pour la culture pour tous ».

Les deux ensembles seront donc installés dans cette Cité musicale conçue par les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines. Un long bâtiment de 300 mètres, que nous décrit Jean de Gastines : « On a évidemment tenu compte de l’emplacement très particulier et de la volonté de réaliser un projet iconique, d’où l’idée de venir poser cet auditorium dans une coque, enfermée dans un maillage en bois, et qui donc est traité comme un bijou qu’on vient poser sur les toitures. Autour, une grande voile en panneaux photovoltaïques va tourner dans le sens du soleil, de façon à amener de l’énergie et une architecture mouvante. »

Le coût de la construction est évalué à 170 millions d’euros. Le chantier devrait être terminé à l’automne prochain et, selon l’architecte, avance bien. La Cité sera définitivement prête en avril 2017, d’ici là, un peu de patience … Plusieurs autres informations seront dévoilées en avril prochain.

Sur le même thème

L'équipe de l'émission :