Lundi 22 septembre 2014
4 min

L'orgue de Notre-Dame de Paris, avec Thierry Escaich

Le Grand Orgue de Notre-Dame de Paris vient de s'offrir une seconde jeunesse. Après deux ans de travaux, l'instrument a retrouvé sa voix ce week-end lors de son inauguration. L'organiste Thierry Escaich nous parlera de l'effervescence autour de cet instrument.

L'orgue de Notre-Dame de Paris, avec Thierry Escaich
(©Corbis)

La saison 2014-2015 est une année chargée pour les amoureux de l’orgue. En attendant la livraison du nouvel orgue de l’Auditorium de Radio France qui sera inauguré en septembre 2015 et l’installation de l’orgue de la Philharmonie de Paris qui devrait être opérationnel dès l’ouverture de la salle en janvier prochain, le monde de l’orgue s’est agité ce week-end après l’inauguration du Grand Orgue de Notre-Dame de Paris.

Après deux ans de travaux, les 8000 tuyaux de l’instrument ont enfin pu résonner dans la cathédrale. L'intégralité du système électronique a été modernisé et les tuyaux ont été nettoyés et révisés. Il s’agit de l’une des plus importantes révision depuis 1992. Selon Bertrand Cattiaux, l’un des facteurs d’orgue en charge de la restauration, une nouvelle strate vient de s’ajouter à cet instrument qui n’a cessé d’évoluer depuis création en 1450.

Le Grand Orgue de Notre-Dame est en effet un véritable livre d’histoire. La forme actuelle qu’on lui connaît date de 1733 avec l’installation du buffet par François Thierry. Mais pour ce qui est du cœur de la machine, c’est au célèbre facteur Aristide Cavaillé-Col qu’on le doit en 1868.
Il n’empêche qu’on trouve toujours à l’intérieur du buffet des tuyaux qui datent de l’époque médiévale ainsi que coups de haches datant de la Révolution française et des impacts de balle datant de la Libération.

Une restauration nécessaire

La restauration débutée en 2012 a permis de rénover le système de transmission de l'air, le nettoyage des quelques 8000 tuyaux, l'ajout d'un nouveau plan sonore de 21 jeux ainsi que l'introduction d’un nouveau système informatique pour mémoriser les jeux et les registrations.

Il a aussi fallu rénover la façade de l'orgue, partie visible et donc plus exposé à l'usure du fait du nombre important de visiteurs dans Notre Dame, selon Bertrand Cattiaux, facteur d'orgue. « On compte environ 15 millions de visiteurs par an à Notre-Dame, ce qui en fait le bâtiment gratuit le plus visité au monde. Cette affluence génère beaucoup de pollution pour l’orgue. Par exemple, trois mois seulement après le nettoyage de l’instrument, on y retrouve autant de poussière. C’est sans compter sans les variations de température venant de ce que les portes sont très souvent ouvertes. Toutes ces conditions impliquent que l’orgue soit choyé en permanence. »

Après la fin de la restauration de l'orgue, il y a trois semaines, il a fallu s'atteler aux réglages. C’est grâce à un dialogue constant entre les facteurs et les trois organistes titulaires que le timbre de l’instrument est affiné. Les modifications apportées réjouissent d’ailleurs Philippe Lefebvre, organiste depuis près de 30 ans. « Il a fallu se réapproprier l’orgue. On retrouve un vieil ami mais qui a beaucoup changé et qui offre une infinité de configurations et de sonorités musicales. C’est très excitant. »

Le grand Orgue de Notre-Dame de Paris va pouvoir de nouveau laisser éclater toute sa splendeur et continuer d'accueillir des organistes du monde entier. Il est en effet possible de venir jouer à Notre-Dame tous les dimanches après midi. Il suffit de candidater auprès de la cathédrale mais il faut également être patient, avec une attente d’environ deux à trois ans.

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