Mardi 23 juin 2015
12 min

L'Orchestre national des Pays de la Loire menacé

Financé par différentes collectivités territoriales, l'Orchestre national des Pays de la Loire pourrait voir la participation annuelle du département du Maine-et-Loire disparaître. Une décision qui pourrait mettre en péril la formation créée il y a 45 ans.

La série noire des difficultés rencontrées par les orchestres continue. Après les Musiciens du Louvre à Grenoble, l'Orchestre de l'Opéra de Montpellier, c'est au tour de l'Orchestre national des Pays de la Loire (ONPL) de traverser une mauvaise passe. Géré par un syndicat mixte composé de 6 collectivités territoriales et de l'Etat, le département du Maine-et-Loire envisage son retrait et donc sa participation au budget.

Une décision envisagée par Christian Gillet, le président UDI du Conseil général du Maine-et-Loire, qui participe à hauteur de 7,22% du budget global de 11 millions d'euros, ce qui signifierait une baisse de 464 373 euros pour l'ONPL. Une annonce qui a fait l'effet d'une douche froide sur Alain Gralepois, le président du syndicat mixte qui gère la formation. "Depuis trois ans, nous avons réalisé toutes les économies possibles afin d'assurer la pérennité de l'ONPL. Apprendre que près de 500 000 euros vont être retirés au moment où nous avons réussi à redresser la barre serait fatal pour l'orchestre ", regrette Gralepois, également vice-président socialiste de la région Pays de la Loire en charge de la culture.

"Le retrait de cette participation remettrait entièrement en cause le projet artistique de l'ONPL porté par son directeur musical Pascal Rophé. Cela signifierait mois d'embauche, moins de concert ". De son côté, Christian Gillet, le président du Conseil général du Maine-et-Loire explique que le président de l'orchestre "crie avant d'avoir mal. Rien n''est décidé pour l'instant, nous n'en avons pas encore parlé en conseil de la majorité, ce qui est prévu pour septembre. Mais à cause de la baisse des dotations de l'Etat prévue pour les trois années à venir, nous devons faire des choix, douleureux certes, mais nous devons les faire sur les compétences facultatives qui relèvent des départements, c'est-à-dire la culture et le sport".

Christian Gillet se dit prêt à en discuter avec le président de la région Pays de la Loire, principal financeur de l'ONPL et également avec le maire d'Angers qui pourrait "prendre tout ou partie du manque à gagner". Le président du Maine-et-Loire conclut en disant qu'un "retrait de la participation de 464 000 euros sur un budget global de 11 millions d'euros ne mettrait en pas en péril l'ONPL". Il rappelle égalementque lorsqu'en 2009, les départements de la Sarthe et de la Mayenne qui participaient respectivement à hauteur de 1,9% et 1,2% du budget, avaient décidé de se retirer, personne ne s'en était ému.**

"Rien à voir", répond Alain Gralepois. "Leur participation était vraiment moindre et l'époque était plus simple pour les collectivités qui avaient plus de facilités financières à compenser le départ".

465 000 euros en moins signifieraient, moins d'embauche, moins de concert, cela demanderait au directeur musical Pascal Rophé de revoir son projet artistique à la baisse. Cela voudrait dire aussi moins de public touché. Depuis 45 ans, l'Orchestre national des Pays de la Loire sillonne la région pour aller à la rencontre de tous les publics. Entre 150 000 et 200 000 spectateurs par an. Pour terminer, ce clin d'oeil plutôt cynique que note le journal Ouest France, l'ONPL doit prochainement enregistrer des oeuvres de Dutilleux, Dutilleux compositeur né à Angers, dans le Maine-et-Loire et qui a vécu à Candes-Saint-Martin, aux portes de l'Anjou.

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