Mercredi 28 janvier 2015
15 min

L'Auditorium de Lyon fête ses 40 ans

Construit en 1975 pour accueillir l'Orchestre national de Lyon, l'Auditorium Maurice-Ravel célèbre cette année ses 40 ans et se porte bien. Le quartier de la Part-Dieu, où se trouve cette salle de 2100 places, connaît actuellement un grand plan de réaménagement qui devrait davantage dynamiser l'Auditorium.

Même si l'Auditorium de Lyon affiche une bonne santé réjouissante à l'heure de célébrer ses 40 ans, il a dû traverser quelques épreuves avant d'atteindre une certaine maturité. A ses débuts, le bâtiment conçu par Charles Delfante et Henri Pottier, a essuyé différentes polémiques. Son architecture en forme de soucoupe volante de béton n'a pas été du goût de tout le monde. Ensuite, l'acoustique a été largement décriée mais heureusement améliorée au cours de différentes phases de travaux.

Pour terminer, le quartier de la Part-Dieu qui a accueilli l'Auditorium a mis du temps à séduire les lyonnais, et il pourrait en séduire bien plus. La métropole de Lyon - récemment intronisée le 1er janvier 2015 - a lancé depuis 2011 un vaste programme de réaménagement. Programme au long cours qui permettra de mieux mettre en valeur la salle de béton, notamment d'agrandir son parvis et de faciliter son accès piéton grâce à une traverse culturelle pour relier les différents établissements culturels du quartier.

L'avant-gardisme de l'architecture de l'Auditorium de Lyon avait suscité le débat lors de son inauguration en 1975. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
L'avant-gardisme de l'architecture de l'Auditorium de Lyon avait suscité le débat lors de son inauguration en 1975. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

Quartier de bureaux, la Part-Dieu est dynamique le jour mais est quasi vide la nuit. Il est donc question de le décloisonner et de renforcer l'offre de logements. Robert Bianciotto, clarinettiste de l'Orchestre national de Lyon depuis 1976, soit un an après l'inauguration de l'Auditorium se souvient des débuts compliqués. "C'était très succinct, les abords n'étaient pas très engageants et c'était un lieu un peu froid mais tout s'est considérablement amélioré depuis. C'est devenu ma deuxième maison, et je savoure surtout le fait que l'orchestre ait sa propre salle depuis 40 ans maintenant. Tous les musiciens vous le diront, c'est un luxe".

Robert Bianciotto, clarinettiste solo de l'Orchestre national de Lyon depuis 1976. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
Robert Bianciotto, clarinettiste solo de l'Orchestre national de Lyon depuis 1976. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

L'Auditorium de Lyon est l'un des plus anciens e xemples de symbiose entre un lieu et un orchestre. Comme il est d'usage de dire qu'une salle façonne le son d'un ensemble, les musiciens de l'ONL ont appris à apprivoiser l'acoustique compliquée de cet hémicycle de 2100 places. Et le public lui en sait gré puisque ce sont désormais 200 000 spectateurs qui s'y rendent chaque année. La mairie de Lyon compte bien aller plus loin pour développer son attractivité.

Jocelyn Aubrun, flûtiste solo au sein de l'ONL depuis 2006 estime qu'il est "agréable de se sentir soutenu par une collectivité. Aujourd'hui, nous sommes très heureux d'être à la Part-Dieu. On se trouve au milieu d'une dynamique et nous voyons comme un encouragement le fait que la ville investisse autant pour donner une nouvelle identité au quartier ".

La ville fait en effet figure d'exception en n'ayant pas procédé à de coupes franches dans le budget de l'orchestre et son auditorium. 20% du budget global de la municipalité est d'ailleurs alloué à la culture et comme symbole fort, Gérard Collomb, maire PS, a nommé Georges Kepenekian, 1er adjoint et en charge de la culture.

Jocelyn Aubrun, flûtiste solo de l'Orchestre national de Lyon depuis 2006. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)
Jocelyn Aubrun, flûtiste solo de l'Orchestre national de Lyon depuis 2006. (© Victor Tribot Laspière / France Musique)

"Nous ne voulons pas déconstruire notre héritage ", déclare l'élu. Il n'est donc pas question de remettre en cause la spécificité de Lyon au niveau national, c'est-à-dire la présence de deux orchestres pour une même ville : le lyrique et le symphonique. Mais malgré les tensions budgétaires qui touchent la culture en France, la mairie a tenu à réaffirmer son attachement aux deux formations.

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