Mardi 13 octobre 2015
5 min

Après Pleyel, le nouveau paysage des salles de concert à Paris

Il y a un près d’un an, la musique classique quittait la Salle Pleyel. France Musique a mené l’enquête pour savoir comment cet évènement remodelait le paysage musical parisien.

Théâtre des Champs-Elysées, Philharmonie de Paris, Auditorium de la Maison de la radio… Il y a près d’un an, Pleyel annonçait l’abandon de toute programmation de musique classique au profit de la Philharmonie de Paris, quelles en sont les conséquences dans le paysage musical parisien ? Jean-Baptiste Urbain s’est rendu dans les différentes salles pour dresser un premier bilan, et évaluer qui sont les “gagnants” et les “perdants” de la réorganisation géographique des concerts.

  • A lire aussi : la Philharmonie de Paris, de la genèse à l’ouverture

    Tout d’abord, il y a le Théâtre des Champs-Elysées. La vénérable institution de l’avenue Montaigne, qui fait sa rentrée en programmant Théodora de Haendel, a-t-elle à pâtir de l’attraction de la Philharmonie de Paris, ou bénéficie-t-elle au contraire de son éloignement ? En misant sur de nombreuses têtes d’affiche, dont Jonas Kaufmann, le TCE affiche déjà complet pour bon nombre de représentations et son directeur Michel Franck est satisfait : “cette saison marche particulièrement bien ”. Une réussite qui ne tient pas (seulement) à la fermeture de la Salle Pleyel, mais également à de nombreux facteurs, comme la conjoncture, et en premier lieu à la programmation. Loin de lui, donc, l’idée d’opposer Philharmonie et TCE : “je pense que ce qui a gagné, c’est la musique classique à Paris ”.

    A la Salle Gaveau aussi, l’optimisme est de mise. Contrairement au TCE, financé en grande partie par la Caisse des Dépôts, et à la Philharmonie de Paris, subventionnée par les pouvoirs publics, la Salle Gaveau est entièrement privée. Pour elle, la fermeture de la voisine Pleyel est une chance, selon son directeur Jean-Marie Fournier, qui se réjouit de récupérer non seulement quelques uns de ses spectateurs, mais aussi de ses artistes : “il y a un révélateur qui s’est fait grâce à la Philharmonie. Nous n’avons pas les mêmes rôles, j’ai une salle de 1 000 places qui sonne formidablement, et la Philharmonie accueille les grandes phalanges. Mais ça fait fermer Pleyel à la musique classique, et ça c’est le bonheur ! ”.

    Ouvert il y a onze mois, l’Auditorium de la Maison de la radio, qui héberge les formations “maison” (l’Orchestre national de France, l’Orchestre philharmonique de Radio France, la Choeur de Radio France et la Maîtrise), a un bilan plus mitigé. Si certains concerts sont pleins, d’autres peinent encore à attirer le public, et Radio France développe donc un projet de programmation culturelle et musicale, confié à Marie-Pierre de Surville qui dresse aujourd’hui un “bilan de fierté d’avoir programmé onze mois de concerts ”, mais qui souligne la nécessité pour l’institution à trouver “une identité au sein de l’ensemble des salles parisiennes ”. L’ancienne directrice de France Musique juge qu’il y a “encore un peu de travail sur l’identification exacte de notre projet artistique (...) nous sommes un nouveau lieu, la Maison de la radio n’est pas connue comme une salle de spectacle : il faut qu’on soit plus clair sur ce qu’on offre à ce public à qui nous devons donner un lien de familiarité ”.

    Les cartes ont donc été partiellement redistribuées, mais cette nouvelle géographie musicale de Paris est encore amené à évoluer dans un avenir proche, avec l’ouverture annoncée de la Cité musicale de l’île Seguin, prévue pour le premier semestre 2017. S’ajoute à la réouverture prochaine de la salle Pleyel, gérée par Marc Ladreit de Lacharrière et la société “Fimalac”. Sa programmation ne peut - normalement - comporter de musique classique, mais le principal intéressé refuse de s’exprimer sur ce sujet.

Sur le même thème

L'équipe de l'émission :