Jeudi 18 décembre 2014
13 min

"7 ans de réflexion", la politique d'acquisition du Musée d'Orsay

Reportage de Jean-baptiste Urbain sur la restauration d'une toile de Gustave Courbet, et réactions d'Yves Badetz, conservateur général au Musée d'Orsay.

"7 ans de réflexion", la politique d'acquisition du Musée d'Orsay
Le Musée d'Orsay (©MaxPPP)

Sept ans de réflexion ! Ce n'est pas le titre du film de Billy Wilder avec Marilyn Monroe, mais celui de la dernière exposition du Musée d'Orsay à Paris, rassemblant sept années d'acquisitions du Musée. Quelles sont ces oeuvres ? Comment sont-elles acquises ? En temps de crise, qu'est-ce qu'un musée national peut s'offrir ?

Pour répondre à ces questions, nous recevons ce matin Yves Badetz. Conservateur général au Musée d'Orsay, il dirige par ailleurs le musée Hébert, à Paris.

Mais avant cela, reportage de Jean-Baptiste Urbain au Musée d'Orsay, à la découverte d'une autre mission du musée : la restauration des oeuvres. Depuis le début du mois, l'une d'elles a lieu en public, au rez-de chaussée, dans la salle Courbet. A l'intérieur d'une cage de verre est installé un échaffaudage tout contre la toile L'Atelier du Peintre (1854/55), de Gustave Courbet. Avec ses 22 m² de dimension, c'est l'un des plus grads tableaux du musée.

Gustave Courbet, l'Atelier du Peintre, © Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski
Gustave Courbet, l'Atelier du Peintre, © Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Une équipe de 12 restaurateurs vont s'affairer pendant un an sur ce tableau trop abimé pour pouvoir être déplacé. Pour les experts, il s'agit de rester concentrés tout en étant observés par les visiteurs. Parmi eux, témoignage de Cécile Bringuier, restauratrice déroutée.

Mais comment réagissent les visiteurs, de l'autre côté de la vitre ? Beaucoup passent de longues minutes presque collés à la paroi de verre, les yeux équarquillés. C'est la seconde fois qu'une telle opération est mise en place à Paris, après la restauration des Noces de Cana de Véronèse, au Musée du Louvre.

Qui paie pour cette restauration ? Là aussi, le public est mis à contribution : pour la première fois, le Musée d'Orsay a lancé une opération de financement participatif sur une plateforme Internet (ulule.com). Chacun peut donner jusqu'à vendredi 19 décembre à minuit.

On peut également faire ce don virtuel dans la salle des Courbet, sur un ordinateur, avec un panneau numérique qui affiche la somme collectée : plus de 121 000 euros actuellement. C'est une somme importante, mais insuffisante. En réalité, elle ne représente qu'unepartie du finament , comme l'explique Olivier Simmat, en charge du mécénat. Le mécénat couvre la moitié de cette opération estimée au total à 600 000 euros, le reste étant financé par le musée lui-même. Chaque année, 500 oeuvres sont restaurées au Musée d'Orsay.

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