Le Disque classique du jour
Magazine
Mardi 2 avril 2019
30 min

Khatia Buniatishvili chez Schubert

Khatia Buniatishvili chez Schubert
Khatia Buniatishvili, Schubert, SONY CLASSICAL

Après des concertos de Rachmaninov électriques enregistrés avec Paavo Järvi, Khatia Buniatishvili a choisi Schubert. Le Schubert le plus intérieur et serein avec la sonate D960 et ses “divines longueurs”. Ce qui saisit immédiatement dans cet enregistrement, ce sont ses tempos lents et posés, ses thèmes murmurés, ses notes qui s’attardent parfois et disparaissent dans un souffle. Khatia Buniatishvili prend son temps, chante et phrase chaque mélodie. Les critiques qui reprochent à la pianiste géorgienne ses tempos vertigineux et son engagement féroce, devront revoir leur position. 

Le long premier mouvement de la D960 est d’une douceur et d’une sérénité singulière, parfois presque hypnotique. Nos repères temporels en sont brouillés. C’est un Schubert hypersensible, à fleur de peau qu’elle a choisi de nous faire entendre… et peut-être féminin. Khatia Buniatishvili signe en effet un texte engagé dans le livret, “notes d’une féministe” : “dans la musique de Schubert, écrit-elle, c’est cette féminité qui chante, surgie de la plus grande vulnérabilité - l’amour - et transformée en plus grande force - d’agir, de créer, d’exister”. 

Franz Schubert
Impromptu n°2 D899
Khatia Buniatishvili   

Franz Schubert
Sonate D960 : final
Khatia Buniatishvili 

L'équipe de l'émission :