Le cri du Patchwork
Magazine
Dimanche 10 avril 2016
1h

Temps (1/4) : Prendre du temps

Premier épisode sur la thématique vertigineuse du Temps. Le temps musical, celui que l’on perçoit, qui nous perd, le temps de la composition, le temps de interprétation... La musique, un art du temps ? Un art des temps, comme nous le verrons dans les différentes approches de nos invités.

SONOTHEQUE
SONOTHEQUE

Drop

Le drop. Terme principalement utilisé dans l’univers des musiques électroniques pour identifier ce fameux passage que tout clubbeur ou raveur attend. Ce moment où la musique monte vers un climax avant de basculer dans un nouvel état, une nouvelle étape de son développement. Le drop, c’est la recette parfaite pour jouer avec nos attentes, et avec le temps de notre écoute.

Jeff Mills, Berlin

Un drop peut se faire en cultivant le suspense avec un motif répétitif, voir hypnotique. Prenons Good Vibrations des Beach Boys en 1966. On peut dire que leur drop, même s’il se termine par une bonne vieille montée des familles réalisée aux voix, apportait ce quelque chose de nouveau : un état préparatoire totalement planant et hallucinatoire.

The Beach Boys, Good vibrations
Capitol [05099923234529]

The Beatles, A Day in the Life
EMI [6994512]

Igor Stravinsky, Le Sacre du Printemps - "Jeux des cités rivales", "Cortège du sage", "Adoration de la terre"
Philharmonia Orchestra, Esa-Pekka Salonen (direction)
Sony [SK 45796]

Un drop peut aussi apparaître discrètement dans un changement de textures infimes. Mais c’est par l’adjonction ou la soustraction de petits bruits, de petits éléments que le compositeur joue avec notre attente : nous savons alors quelque chose va se passer. Comme dans ce morceau du DJ Auto-Repeat, nommé Auto-Disco. Où le bruit du vinyl scratchant remplace furtivement le silence que l’on attend.

Auto Repeat, Auto-Disco

Pink Floyd, One of these days
EMI [7907322]

Skrillex, First Of The Year (Equinox)
Album More monsters and sprites

Iannis Xenakis, Metastasis
Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Arturo Tamayo (direction)
Timpani [1C1113]

Alexandre Scriabine, Poème de l’extase
Orchestre symphonique de Chicago, Pierre Boulez (direction)
Deutsche Grammophon [459647-2]

ENTRETIEN
ENTRETIEN

Kasper T. Toeplitz

Kasper T. Toeplitz est compositeur et bassiste. Musicien hors norme évoluant aux frontières du Noise et de l’improvisation libre, il est parti à la recherche du son long, d’une matière musicale aux contours infinis, des drones diraient certains.

1) Kasper T. Toeplitz, Sleaze Art - "Infra"
Eryck Abecassis, Frédérick Galiay, Jb Hanak, Kasper T. Toeplitz (basses)
Bocian Records, distribution METAMKINE

2) Kasper T. Toeplitz, Almasty
Kasper T. Toeplitz (basse solo)
CD R.O.S.A 09

3) My Daily Noise
Kasper T. Toeplitz & Daniel Buess
ZORA_Records

Site Internet :
http://www.sleazeart.com/

ZOOM
ZOOM

Morton Feldman, For Samuel Beckett

Un accord, de quelques notes, continuellement ressassé. Légèrement varié. Dans For Samuel Beckett, l’une des dernières œuvres de Morton Feldman composée en 1987 peu avant sa mort, on assiste à la longue dérive d’un ensemble instrumental sur un tout petit matériau. Un objet que l’on prendrait le temps de regarder sous tous ses angles.

Morton Feldman, For Samuel Beckett
Klangforum de Vienne, Sylvain Cambreling (direction)
Kairos Production [0012012 KA]

Morton Feldman : “Beckett m’a affirmé qu’il ne cessait de se dire et redire les choses à lui-même. Je travaille de la même façon. Je joue des choses ou regarde des choses encore et encore et encore. Ne cherchant pas consciemment quelque chose.”

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