Le cri du Patchwork
Magazine
Samedi 18 octobre 2014
1h

Silence (3/4) : Dépasser le silence

Un programme entre bruit et silence, à la limite de l’audible et de la musique. Et comme chaque semaine, un zoom sur une œuvre de la fin du XXe siècle, et un son.

Silence (3/4) : Dépasser le silence
Jean-Jacques Lequeu, Un Harpocrate, dieu du silence © gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, département estampes et photographies
SONOTHEQUE
SONOTHEQUE

"Clap"

Le claquement de mains. A la fois marqueur rythmique dans une quantité astronomique de genres et styles dans le monde entier, mais aussi marqueur de satisfaction, d'encouragement multiplié par le nombre de spectateurs satisfaits dans une assemblée.

Karlheinz Stockhausen, Momente (version 1972) - extrait
Choeur et orchestre symphonique de la radio de Cologne, Karlheinz Stockhausen (direction)
Stockhausen-Verlag ‎[Stockhausen 7]

Lorsque Karlheinz Stockhausen écrit Momente, il insère dans la musique les réactions du public : sifflets, huées, bravi... Et dans la version de 1972, il propose d'encadrer l'entracte par un "Clapping-moment", un moment d'applaudissement.

John Cage, 4'33 - extrait
Julie Steinberg (piano)
Music And Arts Programs Of America, Inc. ‎[CD-1030]

Le spectacle est aussi dans la salle : 4'33 de John Cage est là pour nous le rappeler. Tous les sons que le public ne peut maîtriser émaillent l'espace sonore d'un concert... et lorsque ce public applaudit au bout des 4'33 de silence de John Cage, on se demande bien qui est-ce qu'il applaudit : le performeur, ou le public lui-même ?

Edgar Varèse, Déserts
Orchestre National, Hermann Scherchen (direction)
​INA Mémoire Viv [IMV075/2]

Déserts d'Edgar Varèse a été créé à Paris le 2 décembre 1954. On entend le public dire son mécontentement à la fin de la bande, et ces huées et sifflets, cris et applaudissements font aujourd'hui partie de ce premier enregistrement de Déserts. Un critique de l'époque écrivit : "Edgard Varèse, l'homme qui intègre à sa musique les bruits de notre temps, a intégré à son œuvre "Déserts" les bruits de l'émeute que soulève son audition."

The Cure, Close to me
Fiction records [589431-2]

Faire du claquement de main un objet musical propre à être samplé, échantillonné : c'est le fameux "Clap, clap" des années 80 qui ne cesse de sévir dans quantité de compositions...

John Cage, A chant with claps
Esential music, John Kennedy (voix) & Charles Wood (claquement de mains)
Mode [Mode 55]

Nusrat Fateh Ali Khan en concert à Paris - extrait
Ocora C 559073

Francesco Filidei, I Funerali dell'Anarchico Serantini (2006)
Orchestre des Lauréats du Conservatoire
[Non publié]

Vinko Globokar, ?Corporel
Hurdy Gurdy & Matthias Kaul (Percussion, Voix)
Wergo [WER 6662 2]

ENTRETIEN
ENTRETIEN

Benjamin Dupé, compositeur

Suite de notre reportage à Valenciennes autour de la création du nouveau spectacle du compositeur et guitariste Benjamin Dupé, Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières, d’après la Haine de la musique de Pascal Quignard.

copyright - Agnès Mellon
copyright - Agnès Mellon

Aujourd’hui, nous nous sommes penchés plus spécialement sur le rapport que Benjamin Dupé entretient avec le silence.
Nous avons également profité de la présence du quatuor Tana pour cette création pour évoquer avec eux leurs sensations d’interprètes face à cette question du silence. Nous entendrons donc les voix des quatre membres du quatuor : les violonistes Antoine Maisonhaute et Pieter Jansen, l’altiste Maxime Désert et la violoncelliste Jeanne Maisonhaute.

Webographie :

  • Pour en savoir plus sur Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières, rendez-vous sur le site web du Phénix, où vous trouverez notamment deux vidéos sur le spectacle.
  • www.benjamindupe.com
ZOOM
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"Stille und Umkehr" de Bernd Alois Zimmermann

Lorsqu’il écrit Stille und Umkehr en 1970 (" Silence et retour"), le compositeur allemand Bernd Alois Zimmermann est encore sous le choc de l’écriture de son Requiem pour un jeune poète.

Bernd Alois Zimmermann, Stille und Umkehr
Dutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, Karl-Heinz Steffens (direction)
Capriccio [C5213]

Dans cette coeuvre même s’il va utiliser un orchestre symphonique développé, avec des instruments tels que la scie musicale, quatre percussonistes, il demande au chef d’orchestrede « tenir compte d’un silence extrême de la part des instruments pendant l’exécution et de maintenir la dynamique (pianissimo) avec le plus d’exactitude possible ».

En créant un espace sonore à la fois fixe et mouvant, Zimmermann donne une sensation d'intemporalité, de non-direction. Un temps statique. Zimmermann veut ici donner une articulation particulière au présent, "comme présence du temps."

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