Le cri du Patchwork
Magazine
Samedi 9 mai 2015
1h

Palimpseste (1/4) : Du bruit de l'effacement

Une émission sous forme de passage entre le thème du Bruit et celui du Palimpseste, qui nous occupera au cours du mois de mai. Nous recevrons la compositrice Claire-Mélanie Sinnhuber, qui flirte régulièrement avec les souffles et les effacements, les frottements et les réminiscences.

Palimpseste

Lorsqu'on écoute les pièces polyphoniques de Perotin du début du XIIIe siècle, notre oreille perçoit plusieurs voix évoluant à différents débits.
Il n'est pas toujours facile de reconnaître dans la voix la plus grave, tenant des notes longues, un chant grégorien extrêmement ralenti. Ce chant originel devient pour Perotin le squelette de sa composition.

On pourrait appeler cela un palimpseste, mot utilisé pour décrire les manuscrits antiques qui furent soigneusement effacés pour devenir de nouveaux parchemins au cours du Moyen-Age. Souvent, on devine le manuscrit d'origine sous les nouvelles écritures. En somme, faire un palimpseste, c'est écrire du neuf avec du vieux.

SONOTHEQUE
SONOTHEQUE

Frottements

Helmut Lachenmann, Pression
Lauren Radnofsky (violoncelle)
Mode [252]

Qu’il soit entretenu par un archet, ou furtif comme lorsqu’on passe la main sur un tissu, le frottement est à la fois parasite et souffle.

Rolf Lislevand, Fandango
Ensemble Kapsberger, Rolf Lislevand (guitare baroque et direction)
Naive [B 6904]

Dans les instruments à cordes pincées anciens tels que le luth ou la guitare, le frottement des doigts sur les cordes n’est pas voulu mais quasiment inévitable.

Eugene Chadbourne, 1811 Bluff Street
Eugene Chadbourne (guitare)
Rastacan Records [BRD 032]

Patricia Alessandrini, Menus morceaux par un autre moi réunis, quatre miniatures pour guitare
[Copie privée]

Benavente Diaz Julio, Ollantay (Pérou)
Ocora [C 559037]

Le violoniste japonais Kazushige Kinoshita soigne particulièrement le frottement minimal de son violon dans des performances improvisées, entre silence et bruit.

Kazushige Kinoshita, Segments
Kazushige Kinoshita (violon), Taku Unami (réalisateur sonore)
Submusic [SMCD 12]

Le compositeur Henry Cowell est l’un des premiers à imaginer le frottement du piano. Dans The Banshee, il demande à deux interprètes de s’emparer du piano. L’un est au clavier et aux pédales, l’autre a le corps plongé dans l’instrument pour pouvoir le frotter, le caresser.

Henry Cowell, The Banshee (1925)
Daniele Lombardi (piano)
Cramps records [MM 007]

Lê Quan Ninh / Michel Doneda, Sol pied à pied
Disque : Aplomb

Pascale Criton, Circle Process for Tuned Violin in 1-16
Silvia Tarozzi (violon)
I Dischi Di Angelica ‎[IDA 028]

ENTRETIEN
ENTRETIEN

Claire-Mélanie Sinnhuber (compositrice)

Claire-Mélanie Sinnhuber
Claire-Mélanie Sinnhuber

Claire-Mélanie Sinnhuber, 5 jours de Paul Klee (2013)
Composé pour l'émission Alla Breve de France Musique
[Enregistrement Radio France]

Claire-Mélanie Sinnhuber, Tintamarre (2007)
Création : 08/02/2008 – Ensemble Vortex, ensemble Hic et Nunc. Suisse, Genève, Radio Suisse
[Copie privée]

Claire-Mélanie Sinnhuber, Sur les Pas de Tsunemasa (2008)
Création : 27/03/2011 – Ensemble Nô. Japon, Tokyo, Zuisho-ji Temple Art Project
[Copie privée]

Claire-Mélanie Sinnhuber, Sept exceptions (2011)
[Copie privée]

Le compositeur à l'oeuvre : Claire-Mélanie Sinnhuber from Cdmc on Vimeo.

Entretien: Michèle Tosi - Réalisation: Yves de Peretti
Moyens techniques: Ateliers Varan
Date d'enregistrement: 1er juillet 2013
Lieu: Cdmc
Co-production: Centre de documentation de la musique contemporaine (Cdmc), Département Arts-musique (RASM) de l’Université évry-Val-d’Essonne (UVE), Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication et de la Sacem

ZOOM
ZOOM

Peter Ablinger, Der Regen, das Glas, das Lachen

Selon Peter Ablinger, “les sons ne sont pas des sons. Leur rôle est de détourner l'attention de l'intellect et d'adoucir les sens.”

Peter Ablinger, Der Regen, das Glas, das Lachen
Klangforum de Vienne, Sylvain Cambreling (direction)
Kairos Production [0012192KAI]

Dans Der Regen, das Glas, das Lachen (“La pluie, le verre, le rire”), Peter Ablinger construit un ensemble de points jetés aux quatre coins de l’espace. Notés précisément, ils semblent mélangés anarchiquement, figés sur des hauteurs précises, répétées inlassablement.

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